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Déconfinement et retour à l'école: les parents divisés

Selon un sondage Ifop du 30 avril dernier, 76 % parents des catégories socio-professionnelles populaires sont opposés au retour de leurs enfants à l’école contre 57 % pour les catégories supérieures.

A La Meinau, un quartier prioritaire de la ville de Strasbourg, les parents ne se réjouissent pas d'un éventuel retour à l'école.

Depuis quelques semaines, Emma, mère célibataire au RSA n'arrive plus à suivre les cours à distance avec ses enfants de 6 et 10 ans. Pas question pour autant de les remettre à l'école: "Je ne remettrais pas mes enfants. Si je les remets juste en me disant que ça me soulagerait et qu'il leur arrive quelque chose, je culpabiliserais toute ma vie".

Des parents dépassés et des enfants qui décrochent, ce phénomène touche tous les quartiers populaires de Strasbourg. Selon Xavier Schneider, président de la FCPE dans le Bas-Rhin, dans ces zones d'éducation prioritaires, 52% des parents sont opposés au retour des enfants à l'école contre 33% dans les autres établissements de la ville: "La peur est plus importante peut-être parce que l'information est moins bien passée dans ces quartiers-là. Ils se sentent un peu délaissés par les pouvoirs publics".

"Personne n'est cobaye, mais il faut pouvoir retrouver le chemin de l'école"

Preuve que le gouvernement n'a pas réussi à rassurer ces quartiers regrette Iannis Roder, président de l'Observatoire de l'éducation à la Fondation Jean Jaurès: "Il faut savoir raison garder, personne n'est cobaye, simplement, à un moment donné, il faut pouvoir retrouver le chemin de l'école. C'est très important pour une question d'apprentissage mais aussi de cohésion sociale, de construction de ces jeunes".

A quatre jours de la rentrée, l'éducation nationale estime avoir perdu contact avec 4% des élèves.

Maxime Brandstaetter et Caroline Philippe