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Stress, fatigue, violence de l’épidémie: une cellule psychologique mise en place pour les soignants

Au centre hospitalier de Strasbourg, une cellule psychologique, a été mise en place avec des équipes, déjà mobilisées lors des attentats, qui ont frappé la ville en décembre 2018

Les soignants sont durement touchés par l’épidémie de coronavirus. Si beaucoup sont tombés malades, il y aussi le stress, la fatigue et la violence de l’épidémie qui peuvent laisser des séquelles psychologiques.

Ses premiers pas d’interne en médecine, Valentin, 27 ans, les a faits dans un service Covid où près de la moitié des patients pris en charge, sont décédés.

“Tous les matins, c’est la même question, on va voir dans la salle de soin qui n’a pas passé la nuit. T’arrives le lendemain et en fait ce n'est pas celle que tu pensais que l’état allait se dégrader qui est décédée donc c’était ça à mon sens qui était dur à gérer”, indique-t-il.

Très vite, des psychologues viennent échanger avec l’équipe au sein de son service. “Ca faisait du bien d’avoir des gens qui venaient littéralement de l’extérieur pour parler avec nous. Même si c’était encore du coronavirus, ça permettait d’éclaircir certains points que peut être on abordait pas entre nous”, confie-t-il. 

Nécessité d'un suivi approfondi 

Mais ce n’est qu’une première étape. Pour certains, un suivi plus approfondi sera nécessaire, une fois la pression relâchée, explique le docteur Dominique Mastelli, responsable de la cellule d’urgence médico-psychologique du département.

“Nos équipes qui sont par exemple intervenues à Irma ou après les attentats, savent très bien que ce n’est pas pendant la période où il faut reconstruire sa maison pendant un ouragan, qu’il faut s’occuper de ses enfants, qu’il faut se nourrir, que les choses s’expriment. C’est justement quand les choses retournent au calme que le corps s’exprime, fait les symptômes et que nous, on s’autorise à se rendre compte que quelque chose à été difficile pour nous”, détaille-t-il.

Le dispositif qui mobilise plus de 150 personnels de santé mentale sur le département restera en place, après la fin du confinement.

Maxime Brandstaetter et Caroline Philippe avec Guillaume Descours