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"Expliquez-nous": la Chine s'est-elle débarrassée du coronavirus?

EXPLIQUEZ-NOUS - La Chine semble réussir à contrôler l'épidémie bien mieux que les pays européens. Cependant des doutes persistes notamment quant aux chiffres donnés sur le nombre de malades.

La Chine, premier pays touché par le coronavirus est aussi le premier à s’en être débarrassé. En tout cas pour le moment. Les derniers chiffres montrent que le virus a quasiment disparu. Des chiffres, ils sont rendus publics tous les soirs, à la télévision. Comme chez nous au début de la crise, lorsque le professeur Salomon intervenait à 19 heures, sur les chaînes d’infos.

En Chine donc, ces interventions quotidiennes des autorités sanitaires se poursuivent, hier par exemple, on a annoncé 12 nouveaux cas, aucune hospitalisation et aucun décès. Le pays compterait exactement 3 malades en réanimation. Trois patients graves pour un milliard 400 millions d’habitants. 

Voilà les derniers chiffres que les médias officiels chinois comparent volontiers ces chiffres avec ceux des Américains. 12 cas en Chine hier, 31.000 aux états Unis. Zéro mort en chine, 204 aux Etats-Unis en 24 heures. Même si l’on doute des statistiques chinoises, il est évident que le pays est en train de s’en sortir.

Les mesures de précautions sont levées peu à peu

Le masque n’est plus obligatoire en extérieur dans les villes chinoises. Pratiquement plus personne ne le porte dans les rues des grandes villes du sud comme Shanghai ou Canton. On a cessé de prendre la température à l’entrée des magasins. Les cinémas sont ouverts depuis la fin juillet, les transports publics fonctionnent à 100%.

Lundi, la rentrée universitaire a eu lieu à Wuhan, l’ancien épicentre de l'épidémie. Les étudiants ont regagné leur campus, après avoir été testé. Et maintenant qu’ils y sont, ils ne doivent pas en sortir. C’est un retour à la normale, mais à la chinoise. C’est-à-dire que l’on peut forcer plusieurs dizaines de milliers d’étudiants à ne plus sortir de leurs universités.

Pour les voyages et le transport aérien, retour progressif à la normale là aussi. Depuis le mois de mars, les vols internationaux se posaient dans des villes de province. Les passagers étaient isolés dans des hôtels, puis autorisés à se rendre à Pékin seulement après avoir été testé et isolé. Depuis vendredi, c’est fini : les vols en provenance de huit pays, sont autorisés à se poser à Pékin. La France ne fait pas partie de ces huit pays. 

Il reste officiellement, une région considérée comme un foyer de contamination. Par un curieux hasard, c’est le Xinjiang. Cette région autonome du nord-ouest où vivent les Ouïghours, une minorité musulmane. Et où le régime chinois pratique des détentions massives, des disparitions, des stérilisations forcées sur des femmes. 

Au Xinjiang, 183 cas ont été recensés. En tout. C’est très peu, mais suffisamment pour que toute la région soit strictement confinée. Interdiction totale de sortir de chez soi depuis un mois et demi. Depuis quelques jours seulement dans la capitale, les deux millions d’habitants sont autorisés à sortir dans la cours de leur immeuble pour se détendre et jouer au badminton. Mais tous les commerces, dont les supermarchés restent fermés, et il est strictement interdit de se déplacer dans la région. 

Les autorités chinoises espèrent maintenant gagner la course au vaccin 

Lundi, à la foire commerciale de Pékin, deux boîtes de médicaments ont été présentées. C’était bien sur un coup de pub. Ces vaccins ne sont pas encore commercialisés, ils sont en phase d’étude sur l’homme à grande échelle. Mais l’un des labos, Sino Vac annonce la commercialisation avant Noel. Pour un prix assez élevé de 124 euros la dose. Sino Vac vient d'achever la construction d’une usine qui produira 300 millions de doses par an. Et il y aura d’autres usines.

Xi Jinping, le tout-puissant numéro un chinois veut faire oublier les mensonges du début de la crise. Il veut être le président qui offrira le vaccin au monde, et en particulier au tiers-monde. Pour servir sa gloire et celle de son empire.

Nicolas Poincaré