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Face à un début de grève, le gouvernement tente de remobiliser les soignants

Le gouvernement a donc tenté de tendre la main aux soignants. Pour ce faire, il a ressorti des mesures inédites du chapeau. Quelles sont-elles?

Alors qu'un appel à la grève illimité dans les hôpitaux est lancé ce mercredi. En plein cœur de la 4e vague. Dans un communiqué publié mardi, le ministère de la Santé annonce la réactivation des leviers de mobilisation et de soutien au corps médical. Déjà utilisé lors des premières vagues de la pandémie.

La majoration des heures supplémentaires de 50%, la majoration du temps de travail additionnel pour les praticiens hospitaliers et des gardes pour les personnels hospitalo-universitaires, ainsi qu'une indemnité exceptionnelle de compensation des congés payés non pris pour raisons de service.

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Trois dispositifs nationaux effectifs depuis lundi afin de soutenir les soignants à l'heure où le nombre d'hospitalisations et de patients en soins critiques ne cessent de progresser.

Un dispositif loin de calmer les soignants. Un an après l'instauration des accords du Ségur de la santé. 19 milliards d'euros répartis sur 10 ans et 33 mesures destinées à améliorer le quotidien et les conditions de travail des personnels de santé et ce à quelques semaine après la fin de la première vague.

L'obligation vaccinale, la goutte de trop?

Huit milliards destinés à revaloriser les salaires avaient alors été débloqués. Dans les faits, cela représente jusqu'à 183 euros nets mensuels pour deux millions de professionnels.

À cela, s'ajoute une revalorisation des carrières. Avec une prime en fonction l'ancienneté dans le public et dans le privé pour un demi-million de personnel. Insuffisant pour les soignants qui estiment toujours être en deçà du salaire moyen européen.

Et c'est sans compter le manque de moyens. C'est peut-être là où le bât blesse. Les professionnels du secteur dénoncent un manque de personnel. Ils réclament aussi de meilleures conditions de travail et plus de lits.

Pour exemple, entre 1993 et 2018, 100.000 Lits ont été supprimés selon Christophe Prud'hommes, porte-parole d'un syndicat de médecins urgentistes.

Un problème de fond qui pousse les soignants à quitter le métier. 150.000 Infirmières ont cessé d'exercer en 25 ans. Beaucoup se tournent désormais vers l'étranger, la Belgique, l'Allemagne ou encore la Suisse.

Dans les colonnes du Parisien mardi, l'urgentiste explique que l'obligation vaccinale n'est pas le cœur du problème. "C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase". "Peu sont opposés au vaccin", mais il y a un "ras-le-bol" face à "l'attitude culpabilisante du gouvernement".

Thibaud Texeire