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Faut-il dérembourser l’homéopathie? Ça fait débat sur RMC

La Haute autorité de santé a adopté son avis définitif jeudi. L’avis doit être rendu public ce matin. Selon les informations du journal Libération, il prône le déremboursement de l’homéopathie. Le débat scientifique est donc clos. C’est désormais au gouvernement de trancher.

Jeudi soir, Agnès Buzyn disait vouloir prendre son temps. Sa priorité du moment, c’est la gestion de la canicule. L’homéopathie attendra quelques jours. Mais, sauf surprise, elle suivra l’avis de la Haute autorité de santé. Il n’y a pas de raison qu’il y ait revirement selon Nicolas Cormière, médecin, membre du collectif No Fake Med, qui se bat contre les médicaments qui n’ont pas prouvé leur efficacité:

"On a plusieurs avis d'établissements français qui vont dans le sens de toutes les sociétés savantes mondiales et qui disent que l'homéopathie n'a aucune action. Un traitement qui n'est pas efficace n'a aucune raison d'être pris en charge par la solidarité nationale. Actuellement, nous sommes très contraints par le budget, il faut donc prioriser les traitements efficaces. Pour nous, c'est juste du sucre que l'on vend aux patients".

130 millions d'euros par an

Juste du sucre qui coûte chaque année 130 millions d’euros à l’Assurance maladie. 130 millions sur les 20 milliards d’euros de médicaments remboursés. S’ils ne le sont plus, les traitements d’homéopathie coûteront 3 à 4 fois plus cher aux patients. Jusqu’à 8 euros le tube, comme en Italie. Parce que la TVA passera à 10%. Et parce que les laboratoires et les pharmaciens auront la liberté d’afficher le prix qu’ils veulent.

Mais ce n’est pas ça qui inquiète le plus le Dr Florence Paturel, secrétaire générale du syndicat national des médecins homéopathes: "Dérembourser l'homéopathie, c'est nier l'évidence de l'action du médicament homéopathique avec plusieurs études à l'appui. C'est aussi nous traiter de menteurs et ça c'est complètement insupportable. C'est la porte ouverte à l'usage e l'homéopathie par des non- médecins et là il y a un risque de mise en danger de nos patients parce que ces non-médecins n'ont pas nos compétences et ne savent pas quel va être le bon traitement".

Selon un sondage IPSOS, plus de 7 Français sur 10 ont déjà testé l’homéopathie, approuve son efficacité, y restent attachés et ne souhaitent pas qu’elle soit déremboursée.

Matthieu Rouault