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"Il était temps que je parte avant de faire un burn-out" : des soignants tentés par un départ à l’étranger

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Image d'archives - Capture d'écran RMC Découverte

À Annecy en Haute-Savoie, plusieurs membres du personnel hospitalier choisissent de passer la frontière pour travailler en Suisse où ils assurent retrouver le goût du métier.

Alors que les urgences sont en grève et réclament plus de moyens face à la dégradation de leurs conditions de travail, certains personnels soignants choisissent de partir à l'étranger où ils assurent être mieux considérés, mieux payés et pouvoir assurer une meilleure prise en charge des patients.

C'est le cas de Fanny, ancienne infirmière au service des urgences d'Annecy en Haute-Savoie, qui a choisi de passer la frontière et travailler en Suisse: "Dans les conditions dans laquelle je travaillais je me sentais maltraitante auprès des patients. Il était temps que je parte avant de faire un burn-out et d’être dégoûtée de mon métier", explique-t-elle au micro de RMC.

"J'ai retrouvé les valeurs humaines que j'avais perdues"

Alors en septembre dernier, cette maman de 29 ans a rejoint un hôpital privé de Genève. Si son salaire a quasiment doublé, Fanny a surtout retrouvé le goût de son métier.

"Avant une seule infirmière s’occupait de 10 patients en même temps. Maintenant je m’occupe de 5 patients sur toute la journée. J’ai retrouvé les valeurs humaines que j’avais perdues dans les services des urgences", fait valoir Fanny.

"On est sous-payés par rapport aux responsabilités qu'on a"

L'année dernière, 29 infirmiers des urgences ont quitté le Centre Hospitalier d'Annecy-Genevois.

"En paramédical on est quand même vraiment sous-payés par rapport aux responsabilités qu’on a au flux des patients qu’on doit constamment gérer et un manque de matériel qui diminue quand on passe la frontière. Oui ça interroge sur notre système", détaille Clotilde Eme, porte-parole des infirmiers du centre hospitalier.

À Annecy, le service des urgences a rejoint le mouvement de grève illimité il y a deux semaine. La colère et la mobilisation continuent dans les hôpitaux. 95 services sont en grève ce mardi, selon le collectif InterUrgences.

Agnès Buzyn annonce des mesures rapides

Lundi sur BFMTV, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré que des mesures rapides allaient être mis en place dans le cadre de la loi santé, défendue ce mardi devant le Sénat.

"Il y a des mesures immédiates pour dégager du temps médical chez les généralistes. Ça se sont les assistants médicaux ils pourront être recrutés dès cette année (...) La télémédecine qui se déploie c'est dès cette année", a-t-elle martelé.
Gwenaël Windrestin (avec G.D.)