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"Il y a un minimum d’empathie à avoir": le coup de gueule de Cécile et Jean-Dominique qui ne peuvent plus rendre visite à leur père de 94 ans dans son Ehpad

Leur mère, qui rend visite à leur père tous les jours, depuis 4 ans et demi, s'est également vue refuser l'accès à sa chambre.

Lundi, en réaction à la propagation de l'épidémie de coronavirus, le gouvernement a demandé aux maisons de retraite de déclencher leurs "plans bleus", des dispositifs de mobilisation maximale du personnel pour faire face à des situations exceptionnelles.

Sauf que ces plans prévoient aussi des mesures de restriction des visites aux résidents. Dans certains établissements privés, celles-ci sont désormais interdites, sauf autorisation exceptionnelle.

Il y a deux jours Cécile et Jean-Dominique reçoivent un courrier de la direction de l'Ehpad où est hospitalisé leur père. Les visites dans cette structure privée sont interdites jusqu'à nouvel ordre. Une décision incompréhensible pour eux. 

"Il y a un minimum d’empathie à avoir. On n’est pas dans un monde de brutes. Ma mère a 80 ans, ça fait 5 ans qu’elle s’occupe de son mari à raison de 5 jours par jour, 7 jours par semaine et du jour au lendemain on lui dit ‘écoutez madame, dégagez, rentrez chez vous il n’y a rien à voir’. C’est vraiment n’importe quoi", estime-t-il. 

Un accès une heure par jour ? 

D'autant que pour Cécile, la présence de leur mère auprès de leur père, âgé de 94 ans, est bénéfique.

"Le fait que ma maman y aille tous les jours fait que la dégradation de mon papa a été beaucoup plus lente que dans n’importe quel autre cas. Ca, c’est une certitude", explique-t-elle. 

Cécile et Jean-Dominique ont écrit à l'Ehpad pour que leur mère puisse avoir accès à la chambre de leur père ne serait-ce qu'une heure par jour. Dans son courrier du 9 mars, la structure d'accueil assure tout mettre en œuvre afin que la vie suive son cours normalement au sein de l'établissement.

Benoît Ballet avec Guillaume Descours