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"J'ai commencé à boire": après un premier confinement difficile à vivre, Catherine appréhende se retrouver de nouveau seule

Plus de 900.000 personnes âgées de 60 ans et plus sont isolées à la fois du cercle familial et amical.

Parmi ceux qui vont pâtir potentiellement de ce nouveau confinement, les personnes âgées et isolées. 

Catherine n'a que son chien pour lui tenir compagnie. "Je vis seule, je n'ai plus de famille", explique-t-elle. Cette sexagénaire souffre d'un syndrome dépressif, qui a empiré pendant le confinement. "Pendant deux mois, j’étais seule. Je n’ai pas pu voir mon psychiatre que je voyais tous les quinze jours minimum. J’ai lâché prise, et je me suis mise à boire”, indique-t-elle.

À la veille d'un nouveau durcissement des restrictions sanitaires, elle craint de ne pas supporter à nouveau la solitude. 

“Ce n’est pas angoissant, c’est terrifiant. Ce qui me fait peur, c’est si je me retrouve dans la même situation, seule, sans médecin. Ca met ma vie en danger parce que je n’ai plus de support, plus de soutien, je peux me foutre en l’air”, admet-elle. 

Pour d'autres, l'isolement a des effets sur le physique. À la sortie du confinement, Charline-Alanis a constaté l'évolution du corps de sa grand-mère. “Elle avait perdu un petit peu de poids. Elle avait l’air fatigué et la peau encore plus ridée que d’habitude”, indique-t-elle. 

Un rôle important pour les associations

Elle aussi angoisse à l'idée d'un nouveau confinement. “Elle se dit que c’est pire que la guerre, qu’à l’époque, ils avaient les couvre-feux, mais qu’ils pouvaient sortir, être ensemble ect alors que là, qu’on ne puisse pas être tous ensemble, ça l’attriste”, explique-t-elle. 

Ces effets de l'isolement sur les personnes âgées, l'association Les Petits frères des pauvres les a constatées quotidiennement au printemps. C'est pourquoi il faut aujourd'hui veiller à maintenir le lien social avec ces personnes, selon Yann Lasnier, délégué général de l'association. 

“Nous avons une plateforme qui s’appelle solitude écoute. Nous réfléchissons a encore optimiser les plages horaires pour pouvoir répondre et puis il est extrêmement important que nos bénévoles, nos équipes de terrain puissent exercer leur mission par rapport à l’isolement”, indique-t-il. 

Pendant le confinement, plus de 700.000 personnes âgées n'ont eu aucun contact social. 

Camille Schmitt avec Guillaume Descours