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"J’ai peur pour mes enfants": en Dordogne, ces parents appréhendent la rentrée scolaire alors que le protocole sanitaire a été allégé

Les enseignants ne sont également plus considérés systématiquement comme cas contact.

Fin des vacances pour la zone A, les académies de Bordeaux, Grenoble, Lyon. Un retour en classe, alors que le protocole a été allégé par le ministère de l'Éducation nationale. Désormais un cas de variant anglais ne donne plus lieu à fermeture automatique d'une classe. Et pourtant, l’épidémie gagne du terrain, comme en Dordogne à Sanilhac. Plusieurs cas de variants sud-africain et brésilien ont été détectés dans le département.

Même à l’ombre du clocher de Marsaneix, en pleine campagne périgourdine, le Covid inquiète en cette rentrée. Laetitia emmènera ses deux enfants à l’école la boule au ventre.

“Comme tout parent, j’ai peur pour mes enfants. En Dordogne, on a beaucoup de cas. Et puis les variants, comme on sait qu’ils sont encore plus méchants encore plus contagieux, ça ne rassure pas”, assure-t-elle.

Le retour des vacanciers pourrait même aggraver l’épidémie, c’est la crainte d’Emilie. “On sait très bien, on l’a vu à Noël, les gens partent en famille et ça crée un croisement de population qui fait que ça peut ramener le virus. Pour l'instant, on n’a pas le choix que de mettre son enfant à l’école, mais on se demande s’il va y avoir une fermeture, s’ils vont tomber malades”, indique cette maman.

Incompréhension des syndicats

Alors Julie, une autre maman, voit d’un bon œil l’arrivée des tests salivaires, déployés à partir de ce lundi matin en France.

“Je serais plutôt pour car ma fille a déjà eu un test PCR et elle l’a très mal vécu. Je me dis que quand l’enfant est juste cas contact, qu’il n’a pas vraiment de symptômes, le test salivaire, ce serait une bonne chose”, affirme-t-elle.

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80.000 tests seront déployés cette semaine. Une avancée, mais alors pourquoi avoir allégé le protocole sanitaire pendant les vacances? Alain Chabrillangeas du syndicat Snuipp-FSU Dordogne est très remonté.

“Il y a de quoi s’y perdre, c’est hallucinant. Au niveau national, on a quand même des mesures qui sont soit maintenues soit renforcées. Mais dans l'Éducation nationale, nous, on allège. Le but, c’est de minimiser les fermetures de classes pour qu’on continue à y être coûte que coûte”, assure-t-il.

Le syndicaliste craint une flambée des cas après cette rentrée, dans ce département déjà le plus touché de la région.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours