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L'OMS annonce que la fin du Covid pourrait être proche: pourquoi ce message optimiste surprend

Le patron de l'OMS, Tedros Ghebreyesus, a indiqué ce mercredi que le monde était en position favorable pour mettre fin à la pandémie de Covid. Un message optimiste et plein d'espoir qui tranche avec un autre message, quinze jours plus tôt, qui prévoyait un hiver difficile à cause du virus.

Et si la fin du Covid était en vue ? C’est le message très optimiste lancé ce mercredi par le patron de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. Un message optimiste et surprenant parce que les mots du directeur de l'OMS sont forts. Depuis Genève, l’Éthiopien Tedros Ghebreyesus a bel et bien parlé de la fin du Covid, en estimant que le monde n’a jamais été en aussi bonne position pour mettre fin à la pandémie. “Nous n’y sommes pas encore, mais c’est à portée de main” a-t-il dit.

Des propos surprenants parce qu’il y a quinze jours seulement, le même patron de l’OMS disait presque l’inverse. Le 1er septembre, l’Organisation mondiale de la santé prévenait que l’automne et surtout l’hiver pourraient être préoccupants pour deux raisons. Du fait du relâchement des mesures sanitaires et de la possibilité d’un nouveau sous-variant plus transmissible. Et le docteur Tedros concluait: “A l'approche du temps plus froid dans l'hémisphère nord, il est raisonnable de s’attendre à une augmentation des hospitalisations et des décès dans les mois à venir”.

Il y a donc une certaine incohérence. En revanche, dans les deux cas, il y a un autre message. Et cette fois, il n’y a pas de contradiction. Le 1er septembre, le patron de l’OMS avait dit: “L'hiver risque d'être difficile donc il ne faut pas se relâcher et poursuivre la vaccination”. Et ce mercredi, il a dit: “On va peut-être s’en sortir donc il ne faut pas se relâcher et poursuivre la vaccination”.

Le patron de l’OMS est assez difficile à suivre, mais la politique de l'institution est constante. L’Organisation mondiale de la santé continue d'insister sur la nécessité de la vaccination, au moins pour les populations fragiles et pour les personnels soignants. Ce qui n’est pas le cas. Même dans les pays les plus développés, 30% des soignants et 20% des personnes âgées ne sont pas vaccinés.

Hausse des cas en France

Les chiffres du Covid justifient plutôt cet optimisme. Ils disent que la semaine dernière, le nombre des décès hebdomadaires est tombé au plus bas depuis mars 2020, c'est-à-dire depuis le tout début de la pandémie. Avec une tendance à la baisse des contaminations et des décès, moins 20% dans les deux cas.

C’est en Asie que le virus est actuellement le plus virulent, au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan… Trois pays que l’on jugeait modèles au début de la pandémie. Et la Chine reste un cas particulier. Le pays continue d’appliquer sa politique zéro-Covid. 65 millions de Chinois sont actuellement confinés, partiellement ou totalement, dans 33 villes différentes. Et, selon le correspondant du Monde, il y a de plus en plus de problèmes pour assurer l’alimentation de ces populations confinées. Il y a des quartiers ou des villes où les gens ont faim.

Tout cela pour environ 1.000 cas par jour, c’est-à-dire rien du tout à l'échelle du pays le plus peuplé du monde. La Chine continue d’afficher des statistiques officielles sidérantes. Aucun mort, absolument aucun depuis le mois de mai. Et zéro mort également auparavant, pendant deux ans. Il n’y a que deux explications possibles. Soit c’est un miracle, soit c’est le plus grand mensonge de l’histoire de la médecine.

En France, on a actuellement 730 malades en réanimation. C’est le plus bas niveau depuis exactement deux ans. Mais le nombre de nouveaux cas est reparti à la hausse depuis une semaine. Une hausse sur tout le territoire et assez marquée ces derniers jours. Ce qui fait craindre que l’on assiste aux prémices de la huitième vague. En France, on est donc plutôt sur la ligne de l’OMS d’il y a 15 jours, la ligne de ceux qui craignent un hiver difficile. Plutôt que sur la ligne de ce mercredi, celle qui nous dit que l’on voit le bout du tunnel.

Nicolas Poincaré