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Lactalis a-t-il écoulé 8.000 tonnes de poudre de lait potentiellement contaminée?

Le canard enchaîné révèle ce mercredi que 8.000 tonnes de poudre de lait provenant de la même usine que celle à l'origine du scandale du lait infantile contaminé ont tout de même été écoulés dans des flans, glaces et autres pâtisseries industrielles.

Un nouveau scandale Lactalis en vue? Le groupe aurait écoulé 8.000 tonnes de poudre de lait présentant un risque de contamination à la salmonelle selon Le canard enchaîné et une association de victimes. Si tous les produits destinés aux enfants ont été retirés et rappelés de la vente depuis avril 2017, ce n'est pas le cas pour les poudres de lait dédiées aux préparations industrielles comme les glaces et les pâtisseries.

Ces produits auraient pourtant été fabriqués dans la même usine et à la même époque que le lait infantile, l'usine de Craon en Mayenne. Selon des documents de la préfecture remis à l'association et au Canard Enchainé, de nombreuses salmonelles auraient été détectées dans l'environnement de l'usine et dans les produits en 2017.

Destinés aux gâteaux et pâtisseries industrielles

Cette poudre de lait était destinée aux produits industriels, aux gâteaux ou pâtisseries. Le scandale du lait infantile contaminé avait explosé en décembre 2017. A cette période-là, Lactalis rappelle l'ensemble de sa production de lait infantile.

Mais seuls les lots destinés aux enfants sont retirés de la vente. Pas la poudre fabriquée dans l'usine pour d'autres usages. Cette poudre de lait était-elle contaminée ? Un scandale a-t-il été dissimulé ? Par qui ?

L'association des familles victimes estime que toute la production aurait dû être stoppée

Des interrogations que soulève l'Association des familles victimes de lait contaminé aux salmonelles dans un communiqué. L'association en est persuadée : l'usine aurait dû stopper sa production et rappeler tout le lait en poudre à destination des enfants... et des adultes.

Ces documents confirment par ailleurs des contaminations de l'usine entre 2005 et 2017. Ce qui met à mal la version de l'entreprise sur la contamination, à savoir que ce sont des travaux dans l’usine en février 2017 qui auraient permis la libération des salmonelles.

Margaux Boddaert (avec J.A.)