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"Le coronavirus est un terroriste de la nature, il faut accepter certains risques", prévient un ex-chef de service de pneumologie

Pas inquiet quant à la hausse du nombre de cas qu'il voit bientôt ralentir, l'ancien chef du service de pneumologie et réanimation de la Pitié-Salpêtrière reste cependant inquiet quant à la situation en Italie et aux Etats-Unis.

Ne pas céder à la panique. C’est le leitmotiv de Jean-Philippe Derenne, ancien chef du service de pneumologie et réanimation de la Pitié-Salpêtrière, qui appelle à rester vigilant face au coronavirus sans céder à la panique. Devant la psychose qui peut toucher certaines population en temps de pandémie, le praticien rappelle que le risque zéro face au coronavirus n’existe pas.

"Une épidémie comme ça ou une pandémie c’est du terrorisme, le terrorisme de la nature et on se protège comme contre le terrorisme. Si vous croyez que vous allez échapper à tout risque ça n’existe pas. Il faut accepter un certain nombre de risques", assure Jean-Philippe Derenne qui en appelle à la responsabilité individuelle de chacun en essayant de se protéger et de protéger les autres.

Haro sur les courbes

Le praticien dénonce également "les fantasmes" et les prévisions pessimistes évoquant une étude parue fin janvier annonçant 2 milliards de malade le 27 février: "Il y a une réalité et des fantasmes. Le 27 février on en avait à peu près 77.000 malades (...) On est loin des milliards et des 70% [de contamination potentielle ndlr] ce sont les chiffres des épidémiologistes. Et ils manipulent des chiffres et n’ont pas trop d’idées de ce qu’il y a dedans", dénonce-t-il demandant de faire attention aux projections.

"Il s'est passé ce que j'avais prévu en Chine. Sur 1,3 milliard d'habitants on a 80.000 cas. Cette maladie c’est la petite sœur du SRAS. Qu’est-ce qu’a fait le SRAS ? il est arrivé et il a disparu. Les contaminations sont exponentielles puis deviennent linéaires et deviennent sigmoïdes donc en baisse. La courbe de malades n’est pas exponentielle à l’infini, le seul endroit où elle continue ainsi c'est en Italie. En Corée du Sud depuis quelques jours il n’y a quasiment plus de nouveau cas", explique Jean-Philippe Derenne.

Situation toujours inquiétante en Italie et aux Etats-Unis

Mais le praticien reste inquiet quant à la situation en Italie où 12462 cas ont été recensés et 827 décès enregistrés, ainsi qu'aux Etats-Unis qui totalisent 1323 cas pour 38 décès: "Il n’y a pas d’Etat réellement dans ces deux pays. L’Italie est complètement débordée et aux Etats-Unis cela augmente de façon très inquiétante", prévient Jean-Philippe Derenne.

"Faisons tout ce que l’on peut collectivement et individuellement pour limiter la maladie et quand elle arrive pour la soigner, c’est très simple", préconise simplement le médecin.
Guillaume Dussourt