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"Le soin est prioritaire": le maire de Nevers veut un avion pour Dijon pour attirer des médecins

Pour lutter face aux déserts médicaux, le maire de Nevers, Denis Thuriot (Renaissance), veut rouvrir une ligne d’avion entre sa ville et Dijon, la capitale régionale.

Prendre l’avion, sur 35 minutes, plutôt que la voiture ou le train sur 2h30. C’est la possibilité que souhaite offrir le maire de Nevers (Nièvre) aux médecins de Dijon (Côte-d’Or), pour qu’ils puissent facilement venir travailler dans sa ville le matin et repartir chez eux le soir. "Nous sommes face à un défaut de maillage du territoire de la part des professions de santé, pour diverses raisons, explique Denis Thuriot (Renaissance), dans 'Apolline Matin' ce mardi sur RMC et RMC Story. Il faut trouver une solution. Je rencontre des personnels soignants qui veulent bien donner un coup de main et il y en a déjà qui le font. Ils prennent leur courage à deux mains et ils viennent passer deux, trois jours. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains me disent qu’ils veulent bien venir une journée pour renforcer les équipes, mais qu’il est hors de question qu’ils se mettent en danger en traversant le Morvan l’hiver, où il y a du verglas. Ils veulent rentrer chez eux le soir et ça peut s’entendre. L’avion, c’est 35 minutes. Ce serait une navette sur la journée."

"On ne va pas tout jeter et revenir au silex"

Pour l’élu, l’accès au soin doit primer sur les enjeux environnementaux. "On a un aéroport que François Mitterrand et Pierre Bérégovoy utilisaient souvent, avec une piste qui fait 1,7 km. Les aéroports, c’est fait aussi pour servir. L’avionique est en train de se convertir, comme la voiture, assure Denis Thuriot. C’est justement dans le petit avion qu’on va aller plus vite vers des technologies moins polluantes, voire pas du tout polluantes. Moi, je ne comprends qu’on oppose. On ne va pas tout jeter et revenir au silex. Très bien, le respect de l’environnement. Mais le soin est prioritaire. Aujourd’hui, il y a trop de personnes dans la Nièvre qui n’arrivent pas à trouver de soignants, en hospitalier comme en libéral."

"On ne va pas arrêter l’avion parce qu’on se met à s’intéresser très fortement à la planète, ajoute le maire de Nevers sur l’impact sur la pollution d’une ligne entre Nevers et Dijon. On a raison de s’y intéresser mais en même temps, il faut continuer de vivre. C’est parfois une question de survie. Pendant des décennies, on n’a pas pu avoir un hélicoptère sanitaire. On a pu en avoir un, qui sauve des vies aujourd’hui. Il y a des gens qui mouraient parce qu’on n’avait pas d’hélicoptère sanitaire. Qu’est-ce qu’on fait, on dit qu’on arrête l’hélicoptère parce que ça pollue? On est dans la même situation. Notre hôpital fonctionne au ralenti alors qu’il pourrait opérer davantage. Et c’est ce qui génère des recettes. Aujourd’hui, je suis face à un déficit annuel de 6 millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros de mercenaires, intérimaires, que nous surpayons. Ça peut être aussi une forme d’économie de baisser ces surcoûts et d’utiliser l’avion, qui n’est pas donné mais qui sera toujours moins cher."

LP