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Les hôpitaux au bord du burn-out: "par manque de personnel, j'ai 540 heures supplémentaires à récupérer"

Alors que ce vendredi, la Fédération hospitalière de France, qui représente tous les hôpitaux publics et plus de 1.000 structures médico-sociales publiques, interpelle les candidats à la présidentielle, RMC s'est rendue à l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, où, comme ailleurs, le personnel est à bout.

L'hôpital est en souffrance. Et cela fait des années que ça dure. C'est pourquoi, la Fédération hospitalière de France, qui représente tous les hôpitaux publics et plus de 1.000 structures médico-sociales publiques, lance un cri d'alarme et interpelle les candidats à l'élection présidentielle. Elle dévoile ce vendredi 12 orientations politiques pour un hôpital plus juste, plus accessible et plus innovant. Car aujourd'hui l'hôpital est à bout de souffle. Et à l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, comme ailleurs en France, les infirmiers, aides-soignants, internes lancent un SOS: ils sont à bout.

"Ça m'est arrivé de me retrouver, un matin, seul alors qu'il y avait dix patients, déplore par exemple Jean-Maurice, aide-soignant. C'est infaisable. Au bout de deux journées comme celle-ci, on sort complètement épuisé et avec le sentiment d'avoir survolé son travail." Cette année, dans cet établissement, 28 postes seront supprimés et 180 au total dans tous les hôpitaux publics lyonnais. Ce qui engendre forcément des heures supplémentaires pour ceux qui restent en place, à l'image de Sylviane, secrétaire médicale.

"Il y a une sorte de désespérance"

"Par manque de personnel, j'ai 540 heures supplémentaires à récupérer. Ça correspond à quatre mois de travail", alarme-t-elle. Une situation intenable pour Geoffroy Bertholle, délégué CGT, qui interpelle directement les candidats à l'élection présidentielle: "S'ils ne réagissent pas, on ira droit dans le mur. Tout épisode majeur, type grippe, deviendra une catastrophe pour les populations".

"Dans les services, il y a une sorte de désespérance, assure Véronique Odezenne qui travaille dans un laboratoire à l'hôpital de la Croix-Rousse. Les gens baissent la tête et essayent de faire ce qu'ils peuvent. Mais, de temps en temps, certains éclatent en sanglots et arrêtent de travailler. La semaine dernière, une infirmière s'est écroulée, elle n'en pouvait plus. On a l'impression qu'ils n'ont plus rien à faire de la qualité de vie au travail. Ce qu'il faut maintenant, c'est du rendement".

M.R avec Gwenaël Windrestin