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Les soignants ne veulent pas échanger leurs jours de vacances contre des indemnités

C’est l’une des propositions de Jean Castex dans les zones où les hôpitaux travaillent à flux tendu.

Pour faire face à la seconde vague et ne pas manquer de bras, les soignants sont incités à ne pas prendre de vacances. Jeudi, le Premier ministre Jean Castex a promis une indemnité compensatrice de congés annuels non pris de 110 à 200 euros brut par jour.

Une incitation alors que la situation face au Covid se dégrade, notamment dans les 9 métropoles concernées par le couvre-feu. Et notamment dans la métropole de Rouen où la situation sanitaire inquiète les autorités. 

À la fin de sa journée de garde, lorsqu’on demande à Elodie, soignante au CHU de Rouen, si elle est tentée par une indemnité en échange de ses jours de vacances la réponse est cinglante.

“Non parce qu’avec le covid j’ai été séparée de mes deux enfants pendant huit semaines. Et donc il est hors de question que je sois séparée d’eux pendant les vacances de la Toussaint. Donc je serais avec eux et pas à l’hôpital”, explique-t-elle.

Pour Francois His, secrétaire départemental de la santé à la CGT, cette proposition du gouvernement peut même s’avérer contre-productive. “Les agents ont besoin de repos et si un corps de soignants ne tient pas, il soigne mal et il prend mal en charge les patients”, indique-t-il. 

Suffisant ?

Dans le service de réanimation du professeur Benoit Veber au CHU de Rouen. Les problèmes d’effectifs concernent surtout le personnel paramédical. Les infirmières notamment. Pour lui, cette indemnité est une bonne idée. 

“Ca nous donne une arme supplémentaire pour répartir au mieux la charge sur nos personnels. Possiblement certaines infirmières seront contentes de rester faire des heures supplémentaires à ce moment-là. D’autres ne le pourront pas. Ce qu’il faut, c’est que ce soit sur la base du volontariat. L’idée du Premier ministre est bonne, mais elle ne suffira peut-être pas”, affirme-t-il.

Il tient tout même à rassurer, il est confiant sur la capacité de ses équipes à tenir le choc.

Florian Chevallay avec Guillaume Descours