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"Les tests ont été un fiasco": pourquoi la stratégie gouvernementale pour lutter contre le Covid-19 a échoué?

Échec de la stratégie des tests, hôpitaux à nouveau submergés, nombre de cas qui explosent... Après avoir été dépassé lors de la première vague, le gouvernement ne semble pas plus préparé pour la seconde. Et le spectre d'un nouveau confinement plane sur les Français qui ne sont plus nombreux à faire confiance à l'exécutif.

Près de 7 français sur 10, soit 46 millions de personnes, vont désormais vivre sous le régime du couvre-feu alors que l’épidémie de Covid-19 continue de progresser dans le pays. La mesure doit empêcher un reconfinement, mais son efficacité reste à démontrer tandis que le gouvernement semble naviguer à vue : "Ce qui est efficace c’est le confinement", plaide André Grimaldi, professeur de médecine à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et fondateur du Collectif Inter-Hôpitaux qui ne se dit pas pas pour autant favorable à un reconfinement.

"Le confinement, on l’a fait sur toute la France alors que seulement trois régions étaient touchées. C’est une mesure brutale avec beaucoup de dégâts collatéraux", juge-t-il estimant que la stratégie voulue par le gouvernement aurait pu fonctionner si elle avait été bien appliquée.

"Il aurait fallu se donner les moyens de faire respecter la stratégie qu’on avait choisi, le port du masque et le triptyque tester, tracer, isoler des tests. Le gouvernement est en faute. Avant d’accuser les Français il faut s’accuser soi-même. Les tests ont été un fiasco. Maintenant ça va mieux mais initialement c’était un fiasco. On venait sans raison et puis on attendait huit jours pour avoir des résultats", ajoute André Grimaldi.

La confiance des Français pour le gouvernement s'étiole

"On va avoir un afflux de patients pire qu’en avril", déplore de son côté Antoine, un auditeur de RMC, infirmier dans le Nord qui plaide pour des reconfinements locaux. Dans son hôpital, il recense environ une dizaine d’entrées en réanimation par jour. "Les hôpitaux ne sont pas bien préparés. Le personnel est épuisé, les médecins sont démunis face à la réactivité gouvernementale où l’on ne fait que subir l’inflation du virus. Aucune mesure n’a été prise avant pour éviter la flambée de l’épidémie", ajoute l’infirmier.

"Le Président de la République n’a pas voulu écouter le conseil scientifique", regrette André Grimaldi. Car dès le 9 septembre, Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique prévenait que des mesures "difficiles" allaient être prises. "Des gens ont protesté et le président a sermonné semble-t-il le ministre de la Santé", raconte le praticien. "On a perdu le contrôle et on a attendu un mois pour prendre des décisions. Les hôpitaux ne sont pas en meilleur état qu’en mars".

Résultat, l’épidémie continue sa chevauchée et la deuxième vague et bel et bien là. Et les Français font désormais partie des plus méfiants vis-à-vis de leurs dirigeants. Selon un sondage Odoxa mené dans huit pays, seuls 36% des Français font confiance à leur gouvernement pour endiguer la crise, au même niveau que l’Espagne et loin derrière l’Italie (51%), l’Allemagne (63%), et sans grande surprise la Chine (96%) où la confiance semble imposée.

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Guillaume Dussourt