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Municipales: le casse-tête des communes touchées par le coronavirus

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Plusieurs communes touchées par le coronavirus réfléchissent à mettre en place des mesures exceptionnelles à l'approche des élections municipales dans onze jours.

Le spectre du coronavirus plane désormais sur les élections municipales. Le scrutin pourra-t-il se tenir dans les communes touchées par l'épidémie, à moins de deux semaines du premier tour ? Si Edouard Philippe n'en doute pas, personne n'a en réalité la réponse alors que l'Elysée a annoncé mardi soir que des masques et du gel hydro-alcoolique seraient mis à disposition des électeurs à l'entrée des bureaux de vote.

À Crac'h dans le Morbihan, où tous les agents municipaux sont confinés chez eux jusq'au 14 mars, veille du premier tour, la mairie en appel à l'Etat car elle ne voit pas comment elle pourrait aujourd'hui assurer la tenue du scrutin. La mise sous pli des documents de propagande prévue cette semaine est impossible faute de bras, les services techniques sont à l'arrêt, la mairie fermée pour 14 jours.

"Je ne vois pas comment on va faire à moins d'être tous masqués. Je ne vois pas comment je pourrais obliger les agents à organiser les élections. Je ne sais pas non plus si la population va venir voter. Les gens ne vont pas se déplacer dans de telles conditions", craint le maire de la commune Jean-Luc Bonnemais.

Vers un report du scrutin ?

En Haute-Savoie à Balme de Sillingy, les élus réfléchissent quant à eux à la possibilité de délocaliser les bureaux de vote dans les villages voisins. Dans d'autres communes touchées par l'épidémie comme à Lamorlay dans l'Oise, on envisage des mesures spécifiques: faire patienter les électeurs à l'extérieur des bureaux de vote et à plusieurs mètres les uns des autres, en plus de la mise à disposition de gel hydro-alcoolique à l'entrée des bureaux tout comme la fourniture de masques, prévus par le gouvernement.

Si un report total des élections doit passer par le vote d'une loi et prend donc du temps, un report partiel pourrait être décidé très facilement par le ministre de la Santé: "Un arrêté du ministre permettrait de décaler les élections dans certaines communes et certains départements avant la mise en application du préfet", explique Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public.

Le président de l'Union des maires de l'Oise a lui d'ores et déjà demandé aux autorités le report d'un ou deux mois du scrutin.

Jérémy Trottin et Pierrick Bonno (avec Guillaume Dussourt)