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Omicron bientôt majoritaire, vaccination des enfants ouverte: l'essentiel des annonces d'Olivier Véran

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Invité de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi sur RMC et BFMTV, Olivier Véran a assuré que le variant Omicron serait majoritaire en France juste après Noël. Retrouvez ce qu'il faut retenir de l'interview du ministre des Solidarités et de la Santé.

Le variant Omicron déferle sur la France et pourrait supplanter le variant Delta dans les prochains jours. Alors que les fêtes de fin d'année ne souffrent d'aucune restriction sanitaire, la situation inquiète tout de même le gouvernement. "La situation est particulièrement inhabituelle. La vague Delta baisse, mais se croise avec l'arrivée de celle d'Omicron qui est extrêmement forte", a assuré ce mercredi Olivier Véran le ministre de la Santé, face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV.

Le variant Omicron bientôt majoritaire

"Aujourd'hui, environ 20% des cas sont des cas d'Omicron en France, dont 30-35% en Île-de-France. Un sur trois dans trois jours et entre Noël et le Nouvel An, Omicron sera majoritaire".

"Là ou Delta se multiplie par 2, doublant le nombre de malade en 12 jours, le variant Omicron se multiplie par 2 tous les 2 à 3 jours. Si on est à 20% de variant Omicron aujourd'hui, dans deux jours on sera à 35-40% et dans 4 ou 5 jours, juste après Noël, il devrait être majoritaire. On devrait donc dépasser vraisemblablement les 100.000 contaminations par jour d'ici la fin du mois selon les modalisations".

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Quel impact du variant Omicron sur l'hôpital?

"Le variant Omicron se multiplie à une vitesse telle, qu’il arrive partout en même temps sur la planète, contrairement aux autres qui se diffusaient d'abord pendant plusieurs semaines dans leur pays d'origine. Aujourd'hui donc, le seul exemple que l’on a sur une évolution d'Omicron, c’est l’Afrique du Sud. Et pour l’instant, ils ont un faible impact sanitaire, avec peu d'hospitalisations par rapport au nombre de contaminations. Mais ils ont une population beaucoup plus jeune et ils ont été traversés beaucoup plus violemment par les autres vagues, ce qui fait qu'ils ont une immunité naturelle supérieure à la nôtre. A contrario, la population est moins vaccinée."

"Deux scénarios circulent donc: le premier, c'est est-ce-que le variant Omicron va circuler super vite et coller un rhume à la planète et après on en ait fini? Ou à l'inverse, est-ce qu'Omicron va donner des cas graves comme le variant Delta? Ça, on ne le sait pas aujourd'hui".

"L'Angleterre a 10-15 jours d'avance sur nous concernant Omicron et pour l'instant, les premiers retours montrent qu'ils n'ont pas une augmentation de cas graves par rapport au nombre de contaminations. Mais comme en France, la plupart des contaminés sont des jeunes donc beaucoup moins sujets à des cas graves".

Quelles mesures?

"Les pays qui ont confiné, comme les Pays-Bas, ont un taux de vaccination plus faible et un système sanitaire plus fragile. Comparons-nous avec des pays qui ont mis en place des mesures de restrictions: l'Allemagne par exemple nous envie notre couverture vaccinale. L'obligation vaccinale, qui doit être votée là-bas, doit leur permettre d'atteindre la même couverture que nous".

"L'objectif n'est pas d'éviter les contaminations parce qu'il est trop contaminant, c'est d'éviter les risques de formes graves et la saturation des hôpitaux. Et le vaccin est efficace contre Omicron. C'est pour ça qu'on va très vite sur les vaccinations de rappel. J'avais dit que nous ferions 20 millions de doses de rappel avant Noël et c'est ce que nous avons fait. J'espère atteindre 22 à 23 millions de doses avant la fin de l'année".

"Nous avons pris des mesures pour le Nouvel an, on ne vendra pas d'alcool ou de nourriture dehors, il n'y aura pas de cérémonies de vœux, il n'y aura pas de concerts ou de feu d'artifices. Faut-il mettre en place des mesures de restriction de circulation? C'est ce que nous posons toutes les semaines. Tout est sur la table, toutes les semaines depuis des mois. Avec le niveau de contamination du variant Omicron, mettre en place des jauges n'aurait pas d'intérêt significatif. Si les informations à venir du Royaume-Uni s'avéraient alarmantes, nous pourrions changer de braquet".

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La campagne vaccinale élargie aux enfants, "145 enfants hospitalisés, 27 en réanimation"

"Il faut se concentrer sur la troisième dose pour l'instant. La France s'est positionnée sur des nouvelles commandes en cas d'éventuelle quatrième dose. Nous anticipons la question d'une quatrième dose comme en Israël, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Pour l'instant, nous misons sur la troisième dose".

"Il faut engager la vaccination des enfants et dans les heures qui viennent, vous pourrez prendre des rendez-vous pour tous les 5-11 ans. Il faudra que l'un des parents soit là. Il y aura 350 centres de vaccination dédiés. Les données sont pour l'instant très rassurantes sur le vaccin sur les enfants. Je voulais la publication transparente des Etats-Unis et les 7 millions d'injections sur des enfants. Sur ces 7 millions d'injections, on a recensé 14 effets indésirables à titre de myocardites réversibles. Il y a donc un bénéfice individuel".

"Aujourd'hui, il y a 145 enfants hospitalisés pour des formes graves de Covid-19 et 27 enfants en réanimation, dont certains sans comorbidités. Je ferai moi-même vacciner mes enfants sans hésitation et le plus vite possible. Est-ce que les enfants se contaminent? Oui. Au variant Omicron? Sans aucun doute. Ils font des formes graves? Oui. Le vaccin les protège? Oui. Peuvent-ils faire des Covid long? Oui. Le vaccin protège-t-il contre le Covid long? Oui. Enfin, le vaccin réduit le risque de contamination donc celui des enfants et celui de fermeture des classes".

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Pass vaccinal

"Nous souhaitons une adoption du pass vaccinal dès la mi-janvier. Politiquement, l'ambiance a évolué et dans le bon sens. Tous les groupes ne sont pas favorables bien sûr, comme LFI et le RN, mais ces groupes-là ne sont jamais favorables à rien. Dans les groupes politiques sérieux à droite et à gauche, là où tout le monde semblait fermé, tout le monde semble aujourd'hui ouvert à l'idée de voter le pass vaccinal".

"Sans pass vaccinal, à l'instar du pass sanitaire vous ne pourrez rentrer dans les cafés et restaurants, théâtres, cinémas et événements. La question des transports va être débattue au parlement".

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Guillaume Dussourt