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"On a besoin de savoir qui est cette personne à qui on doit la vie": née d'un don de sperme, Camille a retrouvé son père biologique

Agnès Buzyn souhaite "lever le voile" sur la filiation pour les enfants nés d'un donneur. RMC a rencontré Camille, qui a retrouvé la trace de son père biologique grâce à Internet.

Dans le cadre de l'ouverture à la PMA à toutes les femmes, la ministre de la Santé Agnès Buzyn souhaite "lever le voile sur la filiation" pour les enfants nés grâce à un donneur, afin qu'ils accèdent à des informations sur celui-ci à leur majorité. 

Le gouvernement veut ainsi offrir la possibilité aux enfants nés d'une PMA d'avoir accès à leurs origines, à leur histoire, à 18 ans; avec des informations non-identifiantes sur le donneur ou même leur permettre d'avoir accès à l'identité du donneur, mais uniquement avec l'accord de ce dernier.

Pourtant, pour les enfants nés de dons, ce lien est indispensable pour se construire. Ainsi, grâce à un test ADN réalisé aux Etats-Unis, Camille a retrouvé la trace de son géniteur:

"Il y a eu une correspondance ADN qui est arrivée quelques mois après que j'ai fait ce test. J'ai pu remonter à mes origines et donc à la personne qui avait fait le don" confie la jeune femme sur RMC. 

Identifier le donneur, 28 ans après, une étape essentielle pour répondre aux questions qu"elle se posait: "Quand je vais chez le médecin et qu'il demande 'Quels sont vos antécédents médicaux?', je peux répondre, du côté de ma mère etc, du côté de mon père, aucune idée" argumente-t-elle.

"Est-ce que j'ai des frères et soeurs? Des demis-frères et soeurs? Est-ce que je les ai croisés?... C'est primordial pour se construire n a besoin de savoir qui l'on est, d'où l'on vient et qui est cette personne à qui on doit la vie" souffle Camille.

"Un don du sperme n'est pas un don du sang"

Si la ministre veut ainsi créer "un nouveau type de filiation" qui reposerait sur une reconnaissance de filiation avant la naissance du bébé, l'anonymat du don serait préservé mais une fois atteint 18 ans, l'enfant pourrait demander à "avoir accès à son histoire et à l'identité du donneur". Qui lui sera donnée si ce dernier accepte. 

Une avancée nécessaire, selon Pauline Pachot, porte-parole de l'association PMAnonyme, qui souhaite aller plus loin: empêcher l'anonymat du don. "Un don du sperme n'est pas un don du sang. Si le donneur ne veut pas qu'on puisse savoir qui il est, alors qu'on ne reçoive pas son don. C'est à dire que seuls les donneurs, qui acceptent qu'à l'age de 18 ans l'enfant qui voudra connaître leur identité, donnent leurs gamètes". 

Si dans un premier temps le gouvernement redoute une baisse du nombre de dons de sperme, à long terme, il considère que la levée de l'anonymat n'aura pas de réelle incidence.

Margaux Boddaert et Xavier Allain