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"On a vécu quelque chose d'inimaginable": les soignants de Mulhouse racontent leur quotidien face au coronavirus

Selon le dernier point de situation de Santé publique France vendredi dernier, le nombre de décès a diminué de 13,5 % la semaine dernière dans le Grand Est mais les patients redoutent toujours une deuxième vague.

Dans le Grand Est, l’une des régions les plus touchées par l’épidémie, Mulhouse relève doucement la tête. L'hôpital militaire ouvert le 24 mars dernier a été partiellement démonté ce week-end. Sa capacité passe de 30 à 20 lits. Un espoir, un soulagement pour les équipes médicales du groupe hospitalier de Mulhouse.

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, les hospitalisations sont en baisse, net recul également des admissions en réanimation et en soins intensifs. Philippe et Maria sont tous les deux infirmiers aux urgences. Lui a commencé à l’aube et vient de finir, elle se prépare à passer la nuit auprès des patients atteints du coronavirus. Ensemble, ils sont au front depuis le début de l’épidémie.

“Ce que l’on a vécu, c’est quelque chose d’inimaginable. Tous les gens apeurés dans la détresse”, décrit l’infirmière. “C’était vraiment des intubations à chaîne. Cinq minutes, après qu’on ait fini d’intuber le premier s’en était un deuxième qui arrivait. C’était vraiment presque de l’usine qu’on faisait”, détaille Philippe. 

La crainte d'une seconde vague

Dans le Grand Est, le nombre de passages aux urgences pour suspicion de coronavirus a baissé d’un tiers par rapport à la semaine dernière. Une “accalmie” qu’espéraient ces deux soignants.

“On essaie de se ressourcer. On essaie de prendre soin de nous, d’évacuer ce qu’on a vécu. On reste soudé”, affirme Maria. “Qu’est-ce qui nous dit que nous, on ne va pas dégringoler psychologiquement en fait”, se demande de son côté Philippe.

Maria, elle, craint une nouvelle vague d’épidémie. “La première a été difficile à contrôler. Une deuxième vague nous dévasterait”, assure-t-elle.

Sans compter tous les autres patients qui ne sont pas atteints du covid-19 et dont certains, assure Maria, souffrent de pathologies psychiatriques graves directement liées au confinement.

Gwladys Laffitte et Marie Monier avec Guillaume Descours