RMC

"On est arrivés à saturation": des professionnels de la Culture occupent les théâtres

Depuis le 4 mars dernier avec l'occupation du théâtre de l'Odéon à Paris, les professionnels du spectacles investissent des salles de spectacles pour demander la réouverture des lieux culturels.

Mailo a 56 ans. Elle est artiste peintre et En juin, ses droits vont s’arrêter et elle n’aura droit à rien. Elle va passer la nuit dans le théâtre de la cité à Toulouse: "On a pris le strict nécessaire, un sac de couchage, j’ai compté qu’il y avait 14 banquettes mais bon je sais pas trop, si on est une trentaine… On va se débrouiller!".

Corinne, musicienne est membre de la coordination des intermittents et précaires de Midi-Pyrénées, elle espère que le mouvement va essaimer partout en France:

"Nous quand on est artiste ou technicien, on connait les théâtres et on sait que c’est des endroits où on peut se retrouver. Quand on est précaire par exemple, c’est compliqué d’aller investir un lieu… là un théâtre c’est notre lieu de travail et nous on propose le lieu de travail dont on a d’habitude pour organiser cette lutte".

Comme Mailo et Corinne, ils sont plusieurs à occuper les théâtres un peu partout en France. Un mouvement lancé le 4 mars dernier avec l'occupation du théâtre de l'Odéon à Paris, pour demander la réouverture des lieux culturels et la prolongation de l'année blanche pour les intermittents du spectacle.

>> A LIRE AUSSI - Qui sera visé par la "prime Macron" des travailleurs en "seconde ligne"?

Un mouvement jugé "inutile" par Roselyne Bachelot

À Toulouse, le mouvement est soutenu par la direction du théâtre comme l’explique Stéphane Gil, son directeur adjoint:

"On ne peut pas être que dans la mesurette au fur et à mesure. Ça ne répond pas aux questions sociales et aux question de l’emploi. Et c’est justement parce que depuis des mois on nous répond que par la petite mesure que, là, on est arrivés à un niveau de saturation", assure-t-il.

Jeudi, 200 personnes ont assisté à la première assemblée générale du mouvement toulousain. Une nouvelle assemblée est prévue ce vendredi.

Le mouvement a été jugé mercredi "inutile" et dangereux par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot qui a tout de même promis de nouvelles "annonces substantielles pour le monde de la culture", avec notamment 20 millions d'euros d'aides supplémentaires au secteur. Et 30 millions d'euros étaient déjà mobilisés pour la culture dans le cadre du plan de relance. 

>> A LIRE AUSSI - "La situation est déjà intenable, si ça continue...": le constat alarmiste en réanimation à Bobigny

Estelle Henry (avec G.D.)