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Ouverture du procès du Mediator: "On veut qu’il y ait des condamnations exemplaires", réclame une famille de victimes

Le procès du Mediator s'étalera sur sept mois. Au total, 2684 victimes se sont portées partie civile, 376 avocats participeront au débat.

C’est le procès d’un des plus grands scandales sanitaires de l’histoire qui s’ouvre ce lundi devant la justice. Le Mediator, médicament des laboratoires Servier est tenu pour responsable de centaines de morts. Et si l’ampleur du scandale est immense, ce sera également le cas pour ce procès au vu du nombre de personnes impliquées. 

Un procès un de nombreuses familles de victimes attendent depuis des années. C’est le cas de la famille Boussinot qui vit à Antibes. 

Le 8 mars 2004, Pascale meurt subitement, d'un arrêt cardiaque, à 51 ans. Elle prenait alors trois comprimés de Mediator par jour. La famille ne comprend pas tout de suite les causes de sa mort.

"On ne savait pas au début ce qui s’était passé puisqu’on avait aucune idée de la cause. Ce n’est qu’en 2010 qu’on a compris ce dont il s’agissait", indique Frédéric, son mari. 

Pas qu'une question d'indemnisation

Commence alors une seconde phase de deuil, explique Lisa, la fille de Pascale. "On a toujours ce manque et en même temps, on a cette colère contre ces gens qui ont participé à sa mort", affirme-t-elle. 

La famille se lance alors dans le combat judiciaire, avec l'objectif de faire condamner les laboratoires Servier.

"On veut qu’il y ait des condamnations exemplaires pour éventuellement permettre que ça ne se reproduise plus. Pour eux, il n’y a que l’argent qui compte. Donc ils indemnisent et on en parle plus... ce n’est pas comme ça que ça se passe. Ils ont commis des infractions pénales, ce sont des délinquants. Il va falloir qu’ils répondent de leurs actes", expliquent père et fille. 

Frédéric et Lisa seront présents ce lundi pour le début du procès. Ils sont convoqués par le tribunal le 5 décembre prochain.

Rémi Ink avec Guillaume Descours