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Pénurie de médecins à Arles: "Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de problèmes à l’hôpital"

À Arles, comme dans beaucoup d'hôpitaux en France, les services d'urgences sont débordés à cause du manque de personnels soignants. Ce mardi, neuf syndicats et collectifs ont lancé des appels à la grève pour réclamer une amélioration des conditions de travail.

C'est une journée de mobilisation, partout en France, pour défendre l'hôpital public, à l'appel de neuf syndicats et collectifs. Au moins 50 rassemblements sont prévus ce mardi à travers le pays pour réclamer des hausses de salaire et des effectifs supplémentaires, notamment à Manosque, Strasbourg, Bordeaux, Chambéry, Laval, Grenoble... À Paris, le rendez-vous est fixé à 13h30 devant le ministère de la Santé. À l'hôpital d'Arles, où des dizaines de lits ont été fermés ces six derniers mois, les soignants appellent à l'aide.

À 18h, Tristan sort des urgences. Faute de médecins en nombre suffisant dans sa ville, il a été obligé de venir à l'hôpital pour se faire soigner. “J’ai passé l’après-midi ici et enfin, je suis tombé sur un urgentiste qui m’a fait quelque chose. C’est horrible. J’habite dans une petite ville, à Port-Saint-Louis, et le seul truc qu’on peut faire, c’est 30 minutes de route minimum pour aller aux urgences ici ou à Martigues”, regrette-t-il.

Un engorgement des urgences et un manque croissant de médecins, c’est le quotidien de Yohan Guerry, jeune infirmier de nuit diplômé en 2020.

“Je savais que c’était un métier pas facile, mais d’un autre côté, je ne pensais pas qu’il y aurait autant de problèmes au sein de l’hôpital. Souvent, on se retrouve avec des personnes âgées qui doivent attendre très longtemps, parfois 10 heures. Ce n’est pas normal”, confie-t-il.

Deux fois moins de médecins que nécessaire

Le service des urgences d’Arles tourne avec quatre médecins-urgentistes équivalents temps plein alors qu’il en faudrait au moins le double selon Aude Grandmougin, médecin urgentiste depuis 2011.

“Quand j’ai décidé de faire médecin, on savait que cette pénurie allait arriver. Il faut améliorer les conditions de travail pour que les gens aient envie de travailler dans la santé. C’est un travail où il y a plein de gens qui ont une vocation, mais la vocation, ce n’est pas à tout prix”, assure-t-elle.

Aude sera sur le pont pour assurer sa garde ce mardi soir. Mais elle sera aussi symboliquement en grève comme de très nombreux soignants pour défendre sa vision de l’hôpital.

Estelle Henry avec Guillaume Descours