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Hôpitaux touchés, feux éteints... À Angers, la coupure d'électricité par des grévistes passe mal

A l'appel de plusieurs syndicats, les grévistes du gestionnaire de réseau de transport électrique ont provoqué des coupures de courants à Béthune (Pas-de-Calais), mais surtout à Angers (Maine-et-Loire). Des coupures qui auraient pu avoir de graves conséquences, déplorent certains Angevins.

Il est 11h30 environ quand Déborah, gérante de plusieurs salons de coiffure, reçoit un appel. "'On est dans le noir', j'ai juste eu le temps d'entendre ça et ça a vite coupé", raconte-t-elle à RMC. Dans l'un de ses salons situé près d'Angers (Maine-et-Loire), il n'y a plus de courant. "Il a fallu terminer les clients commencés. Ils ont pris un peu peur. Quand on vous a coupé la moitié de vos cheveux, qu'on se retrouve dans le noir, on ne sait pas comment ça va se finir. C'est un peu agaçant", ajoute Déborah.

À l'origine de la coupure d'électricité, une action volontaire, liée à un mouvement de grève chez le gestionnaire du réseau de transport électrique (RTE). Un mouvement mené par une intersyndicale des salariés du secteur qui souhaitent une revalorisation de leurs salaires, qui a également touché la région de Béthune (Pas-de-Calais).

Conséquences: les feux de circulation se sont brutalement éteints, livrant les automobilistes à eux-mêmes. La circulation des tramways s’est interrompue. 60 personnes sont restées bloquées dans des ascenseurs, 20 minutes chacun environ. Les réseaux téléphoniques ont aussi été coupés.

"Ce genre de coupure peut engendrer des situations dramatiques"

Pour Arthur, brancardier au bloc opératoire d'une clinique privée d'Angers, la situation aurait pu carrément tourner au drame: "Avant que le générateur de secours ne se mette en route, pendant 40 secondes, il n'y a plus d'activité. Les respirateurs et les ascenseurs s'arrêtent. Ce genre de coupure peut engendrer des situations dramatiques. Je comprends qu'on puisse faire grève, de là à impacter tout le monde, c'est un peu plus inadmissible", déplore-t-il.

De son côté, la CGT, qui a soutenu l'action, assume. Une façon de mettre la pression pour obtenir une revalorisation des salaires, explique Jean-Marc Bozzani, animateur régional CGT Energies: "Au bout de trois mois de grève, c'est la première fois qu'il y a une intervention déterminée sur le réseau. D'une part, elle peut se répéter, mais elle va surtout s'amplifier. Notre but, ce n'est pas de créer des perturbations mais si demain il n'y a plus de salariés sur la ligne de production, il n'y aura pas besoin de grève". La CFDT, qui soutient aussi la grève, s'est quant à elle désolidarisée de cette action.

Aymeric Dantreuille (avec G.D.)