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Pénurie de soignants: des médecins de Dijon se rendront bien à Nevers par un "pont aérien"

La date d'un premier vol entre Dijon et Nevers pour acheminer des soignants a été arrêtée: il aura lieu le 26 janvier. L'idée avait été évoquée par le maire de Nevers il y a quelques semaines pour faire face à la pénurie de soignants dans sa commune.

Des avions pour emmener des soignants à l'hôpital de Nevers. Cette idée un peu folle était celle du maire de la ville. Et finalement, le projet ne semble plus si fou puisqu’il est en passe de se concrétiser. La date du premier vol est arrêtée et ça sera dans un mois, le jeudi 26 janvier. Ensuite, il y aura un aller-retour par semaine.

L'idée, c'est de pouvoir faire face à la pénurie récurrente de soignants au sein de l'hôpital de Nevers, en acheminant les personnels manquants de Dijon, dont dépend le Centre hospitalier de Nevers.

En voiture ou en train, des praticiens viennent déjà de Dijon, pour pallier les pénuries de l'hôpital de Nevers. Mais cet avion va leur permettre de faire le trajet en un éclair.

“Au lieu de faire entre cinq et six heures de déplacement sur une journée, là on va passer qu’une grosse heure. Les collègues avec qui j’ai pu en discuter sont soulagés de ces conditions qui vont leur permettre de travailler de manière plus efficace”, affirme Alexandre Cochet, chef de service au CHU de Dijon.

Un aller-retour de soignant coûtera 600 euros contre 1.000 euros le remplaçant à la journée.

La santé avant l'écologie?

Et même sur le plan écologique, le maire Renaissance de Nevers, Denis Thuriot, assume. “Tous ces médecins qu’on n’a pas ici, les Nivernais, ils vont les voir en voiture. Je ne suis pas sûr qu’un seul avion qui fasse des médecins que les gens voient et qu’on regroupe autour, ce soit négatif. L’écologie, on y prend tous soin, mais il y a aussi une priorité qu’il faut comprendre dans la Nièvre, c’est soigner les gens”, appuie-t-il.

“Toutes les solutions méritent d’être étudiées, mais en même temps, quel aveu d’échec, ça ne règle pas le fond du problème. Il y a besoin de changer fondamentalement en termes de politique de santé pour éradiquer les déserts médicaux”, critique de son côté son opposant communiste à la mairie, François Diot.

Et à court terme, le maire de son côté espère avec ces vols convaincre plus de remplaçants de faire l'aller-retour de Dijon.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours