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Perturbateurs endocriniens: "C'est louable de s'y intéresser, mais faire ça rapidement me paraît difficile"

INFO RMC - Deux sénateurs rendent public mardi leur rapport d'information sur les dangers des perturbateurs endocriniens.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances naturelles ou artificielles, étrangères à l’organisme, que l’on trouve dans de nombreux pesticides, plastiques, cosmétiques et conditionnements alimentaires. Ils peuvent interférer dans le système endocrinien et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un être vivant ou de ses descendants.

Dans un rapport des sénateurs Alain Vasselle (LR) et Patricia Schillinger (PS), que RMC s'est procuré, les élus insistent pour une définition bien plus large et préconisent d’appliquer le principe de précaution qui consiste à interdire, outre les perturbateurs endocriniens avérés, les substances présumées perturbateurs endocriniens dans le but de protéger la santé publique et ce, sans attendre une démonstration scientifique.

Aujourd'hui, aucun texte réglementant ces produits ne définit des critères scientifiques pour déterminer ce que sont les perturbateurs endocriniens dans le cadre de la législation de l’Union européenne. En décembre, la Commission européenne n'a pas réussi à faire voter sa définition très controversée des perturbateurs endocriniens. Cette définition est jugée très restrictive et le niveau de preuve demandé pour démontrer qu’une substance est un perturbateur endocrinien est jugé trop élevé. 

"On est loin de pouvoir classer les substances dans différentes catégories"

Ce rapport tombe à point nommé. Un nouveau texte sera présenté dans les prochains jours par la Commission européenne. Le comité compétent en la matière a inscrit à son agenda une discussion sur les perturbateurs endocriniens les 23 et 24 janvier.

Mais selon le toxicologue Robert Barouki, la France n'y arrivera pas toute seule. "C'est très louable de s'intéresser à cette question, parce que c'est une question de santé publique fondamentale. En revanche, on est loin de pouvoir classer les substances dans différentes catégories, pour avoir une idée de l'ensemble des perturbateurs endocriniens. Et donc faire ça rapidement me paraît difficile". 

Marie Dupin avec A. Benyahia