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Port du masque obligatoire à Lille: une mesure qui s'applique aussi aux joggeurs et cyclistes

Dans la métropole lilloise, qui compte 95 communes regroupant 1,2 million d'habitants, le taux de positivité atteint 3%, un niveau "trois fois plus élevé que dans le reste du département".

Le port du masque désormais obligatoire dans les zones d’affluence de la métropole lilloise. En effet, vu la fréquentation, la distanciation d’un mètre ne peut pas être respectée à tous moments et en toutes circonstances.

Sous le soleil, en petite foulée, short et maillot de sport. Mais sur la bouche un masque en tissu. Depuis lundi, certains joggeurs lillois ont le souffle un peu court."C’est très difficile mais bon, il faut faire avec. Mais c’est vrai que respirer, c’est super important surtout quand on court. Je fais en sorte de respecter la loi”, explique un joggeur. “C’est un peu l’enfer”, ajoute un autre.

Comme ici au Parc de la citadelle, à Lille, l’obligation du port du masque concerne plusieurs zones habituellement fréquentées par des sportifs. Joggeurs ou cyclistes doivent donc eux aussi se plier à la règle. 

À Paris pour l’heure, aucune obligation. Pourtant, Thomas porte systématiquement le masque lorsqu’il se déplace à vélo. 

“Je me prépare psychologiquement à mettre le masque en ville à Paris. Je pense qu’on n'y échappera pas. Alors peut-être pas dans tout Paris, mais dans certains quartiers très fréquentés, ce serait une mesure de protection supplémentaire. Ce n’est pas très agréable, je dois dire, mais je pense que c’est que le début”, explique-t-il. 

Une mesure contre-productive ?

La décision divise les spécialistes. Pour certains, c’est une gêne nécessaire, pour d’autres, elle ne se justifie pas. Stéphane Gayet est médecin hygiéniste et infectiologue au CHU de Strasbourg. Pour elle, obliger les sportifs à porter le masque serait selon lui contre-productif. 

“Le masque, dans certaines conditions peut gêner l’apport d’oxygène qui augmente puisque les besoins augmentent et donc on peut dans les cas les plus intenses, si on force trop, on risque de se retrouver en difficulté respiratoire”, affirme-t-il. 

L’infectiologue espère que l’on va revenir sur cette mesure qui risque selon lui, de dissuader les gens de pratiquer du sport.

Florian Chevallay et Lionel Top avec Guillaume Descours