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Pourquoi l'OMS veut un moratoire de la vaccination sur les troisièmes doses

L'OMS ne veut pas d'une troisième dose. Elle appelle à un moratoire de la vaccination sur les doses de rappel jusqu'à la fin du mois de septembre.

L'OMS a appelé mercredi à un moratoire de la vaccination sur les doses de rappel jusqu'à la fin du mois de septembre.

A l'heure où 80% des quatre milliards de doses injectés dans le monde sont allées aux pays à revenu élevé ou moyen, l'Organisation Mondiale de la Santé demande à ce que les pays qui envisagent une troisième dose mettent à disposition ces vaccins à destination des pays pauvres.

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À ce jour seuls l'Allemagne et Israël ont décidé l'instauration d'une dose de rappel pour les personnes âgées. La France de son côté, attend l'avis d'ici à la fin du mois d'août de la Haute Autorité de Santé.

Objectif de cet appel à la solidarité par l'OMS, combattre l'inégalité vaccinale. À ce jour 1,5% de la population des pays pauvres a reçu une dose de vaccin quand on frôle les 60% au niveau européen.

Un appel que rejettent les Etats-Unis, seul pays à avoir réagi pour le moment. Washington, estime que les Etats-Unis n'ont "pas besoin de choisir entre administrer à leurs citoyens une dose de rappel ou en faire don aux pays pauvres".

20% de la population mondiale vaccinée d'ici la fin de l'année?

"Nous pensons que nous pouvons faire les deux", déclare Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, rappelant que les Etats-Unis avaient déjà distribué plus de 100 millions de doses de vaccin aux pays les moins favorisés, soit plus que la totalité des dons de tous les autres pays du monde réunis. Selon Washington, une solidarité est mise en place afin de lutter contre les inégalités.

Attendant une hypothétique levée des brevets, une alliance mondiale a été créée sous le nom de COVAX ayant pour but de soutenir les pays les plus défavorisés. Les pays s'engagent soit à acheter des doses et à les redistribuer aux pays pauvres, soit à financer l'alliance afin qu'elle puisse elle-même conclure à des partenariats avec les laboratoires.

Un dispositif visant à vacciner 20% de la population mondiale à la fin de l'année. Cela représente 1,8 milliards de doses.

Objectif inatteignable selon les derniers chiffres. À la mi-juillet, seulement 135 millions de doses ont pu être acheminées vers 135 pays au lieu des 500 millions initialement prévu à cette date.

Thibaud Texeire