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"Quand je prends le volant, je n'en fume que deux ou trois": la conduite après usage de stupéfiants en hausse de 29%

TÉMOIGNAGE RMC - Moins d'alcool au volant mais plus de stupéfiants: c'est le constat fait dans un rapport de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) publié ce mercredi.

En 2018, l’alcoolémie au volant a baissé de 4,2% par rapport à 2017, soit 14.000 personnes de moins par rapport à l’année précédente. Mais les conduites après usage de stupéfiants sont en hausse de 29% en 2018 par rapport à 2017. Ça représente environ un délit routier sur 10 constaté l'année dernière.

Les contrôles routiers renforcés

Une hausse des chiffres qui s'explique avant tout par une augmentation des conduites à risque. Ce qui conduit les autorités à régulièrement renforcer les dépistages. Depuis 3 ans, de nouveaux tests en bord de route permettent de mieux contrôler.

Et si les dangers de l'alcool au volant semblent désormais être compris, c'est visiblement loin d'être le cas du cannabis et autres drogues. Depuis 15 ans, rouler et fumer un joint est une habitude pour Elodie: "En soirée, ça peut monter à 7 ou 8 mais si je sais que je conduis, j’en fume que deux ou trois".

"Ça m’aide à me détendre"

Et ce n'est pas la perspective de conduire qui l'arrête. Jusqu'à présent, la jeune femme n'a jamais été inquiétée lors d'un contrôle de police.

"Un contrôle type qui m’est arrivé c’est: ‘Bonjour Mademoiselle, papiers du véhicule, vous avez consommé des stupéfiants? Non. On va vous faire un contrôle d’alcoolémie. Zéro. Au revoir Mademoiselle, vous pouvez y aller’. S’ils me contrôlaient au THC j’étais positive".

Et pour éviter d'être arrêtée, Elodie respecte le code de la route à la lettre, quand elle conduit après avoir fumé. Et elle s'estime beaucoup moins dangereuse que sous l'emprise d'alcool: "Si je suis alcoolisée, déjà ça va se voir tout de suite, contrairement à quand je fume. Ça m’aide à me détendre".

Martin Bourdin (avec Caroline Petit)