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Scandale Orpea: l’avocate Sarah Saldmann pousse les familles à installer des caméras "discrètes"

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, l’avocate Sarah Saldmann rappelle que 80 plaintes ont été déposées contre le groupe de maisons de retraite Orpea depuis les révélations sur les maltraitances l’an dernier. Elle incite les familles à installer des caméras de surveillance dans les chambres.

Un an après les révélations sur les maltraitances dans les maisons de retraite, et le début du scandale Orpea, les choses ont-elles changé pour les résidents? Selon l’avocate Sarah Saldmann, qui représente de nombreuses familles de victimes, "ça n’avance pas". "Il y a 80 plaintes contre Orpea (53 en enquête préliminaire au parquet de Nanterre, ndlr), rappelle-t-elle dans 'Apolline Matin' ce mardi sur RMC et RMC Story. Et 30 contre Korian (un autre groupe, ndlr), mais Korian a quand même rectifié le tir. Orpea, je n’ai pas d’avocat adverse, c’est surprenant, ni de contact avec la direction, les familles non plus. J’ai une personne qui s’est déplacée au siège d’Orpea, faute d’avoir un rendez-vous. On lui a fait un courrier recommandé en lui disant qu’il était signalé comme évènement indésirable auprès de l’ARS et du Conseil départemental, et disant qu’Orpea refusait toute demande d’entretien compte-tenu de l’absence de dialogue constructif. J’ai eu du mal à le croire."

Face à ce statu quo, elle encourage les proches de résidents à "surveiller, surveiller, surveiller", notamment via des caméras dans les chambres. "Les familles écrivent, font des recommandés. On a des mails, des photos, on a tout. J’ai pris une décision radicale. Je me suis dit: on va installer des caméras discrètes pour avoir une preuve, assure Me Sarah Saldmann. J’assumerais personnellement les conséquences si Orpea avait l’outrecuidance de faire une action pour atteinte à la vie privée. La jurisprudence a démontré que, pour des faits analogues et similaires, lorsque c’est l’ultime recours, les personnes étaient déboutées de l’action pour atteinte à la vie privée."

"Peut-on mesurer la souffrance?"

"Me Sarah Saldmann affirme recevoir encore de nombreux témoignages de maltraitances dans les maisons de retraite Orpea. "Les personnes ne se font pas taper dessus, explique-t-elle. J’ai des vidéos qui arrivent sur ma boite mail. C’est plus de la négligence. On laisse parfois les personnes au sol pendant cinq heures, avec une fracture. Peut-on mesurer la souffrance? Il y a les dents aussi. En une semaine, une personne qui avait toutes ses dents, il ne lui en restait plus que deux. Je ne sais même pas comment c’est possible, il y a eu des cassures. Il y a une dénutrition très importante aussi, des gens qui perdent 30 kg, qui sont cadavériques. Et des gens qui meurent de déshydratation, au 21e siècle."

Et l’avocate continue de dénoncer les réponses et la stratégie de communication du groupe Orpea. Le nouveau PDG, Laurent Guillot, a assuré récemment, dans les colonnes du JDD, transmettre à ses équipes les courriers des personnes mécontentes. "Je pense qu’on se fout de notre gueule, très clairement, lance Me Sarah Saldmann. Il y a même des salariés qui m’écrivent, en me demandant l’anonymat, et me disent que rien n’a changé. On peut me dire que c’est ponctuel, mais comment ça se fait qu’il n’y a pas une semaine où je ne reçois rien? Je note que la stratégie de communication est la même que l’an dernier. Ce n’était pas le même PDG et il m’avait dit que je n’avais rien. Donc j’avais demandé à une personne différente de venir témoigner à chaque fois. On peut faire la même chose, ça ne gêne pas."

LP