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Un représentant des labos pharmaceutiques balaie les critiques: "Nous ne sommes pas irresponsables"

Patrick Errard, président du Leem, le groupement des laboratoires pharmaceutiques, est venu ce vendredi dans Bourdin Direct alerter sur la perte de compétitivité de la France en matière de médicaments. Il en a profité pour répondre aux critiques contre l'industrie pharmaceutique.

Les laboratoires pharmaceutiques tirent la sonnette d'alarme sur la perte de vitesse de l’industrie pharmaceutique en France. "Nous nous inquiétons parce que cela fait maintenant près de 10 ans que nous menons en France une politique d'austérité budgétaire sur le système de soin, explique Patrick Errard, président du Leem, le groupement des laboratoires pharmaceutiques, ce vendredi dans Bourdin Direct. "Et cela en lieu et place des réformes structurelles importantes qui permettraient de faciliter l'accès aux innovations pour les patients".

"Nous prenons un retard considérable"

"La France perd sa compétitivité par rapport à ses voisins européens", alerte celui qui représente les intérêts des labos pharmaceutiques tels que Sanofi, Merck, Roche ou Bayer… "Nous prenons un retard considérable pour l'implantation des essais cliniques sur le sol français, pour l'implantation des sites de production sur les nouveaux médicaments, et même sur l'accès aux molécules".

"Nous avons une perte d'attractivité du fait d'une pression économique terrible. Cette année, nous contribuons à 1,8 milliards de redressement des comptes sociaux, vous imaginez bien que dans ces conditions ce n'est pas très attractif", poursuit Patrick Errard. "C'est l'intérêt des malades que d'avoir une France attractive, riche d'une industrie forte".

"Nous ne sommes pas irresponsables"

Interrogé sur les scandales du Mediator ou du Levothyrox, le président du Leem a balayé les critiques contre les labos pharmaceutiques. "La sécurité du médicament est une priorité absolue. Nous ne sommes pas irresponsables. Néanmoins, comme tout système de production de nouvelles technologies, il peut arriver parfois que, par mésusage ou utilisations inappropriés, il y ait des inquiétudes des Français."

"En France, il y a toujours un peu cette idée de théorie du complot: dès que quelque chose ne va pas, il y aurait derrière un grand consortium qui mène le jeu". "Derrière l'industrie du médicament, il y a une volonté de santé publique et d'améliorer notre système de soin", insiste Patrick Errard.

P. G. avec J-J. Bourdin