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Vaccin contre le Covid-19: qui est désormais concerné par la 3ème dose?

EXPLIQUEZ-NOUS - La Haute autorité de la santé a décidé mercredi de recommander une troisième dose de vaccin contre le Covid pour les personnels soignants.

Mardi, l'agence européenne du médicament a approuvé l'administration d’une troisième dose du vaccin Pfizer pour tous les plus de 18 ans.

“Approuvé”, cela veut dire autorisé, mais pas recommandé. En clair, l’agence européenne donne un feu vert, mais laisse chaque pays européen décider de la politique qu’il veut mener.

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En France, la haute autorité de la santé n’a pas tardé. Elle a décidé mercredi de recommander une troisième dose pour l’ensemble des personnels soignants, des personnels du secteur médico-social, et des ambulanciers. Plus environ 400.000 personnes qui sont immunodéprimées. En tout, cela représente environ trois millions et demi de personnes qui vont pouvoir recevoir un rappel, si elles le souhaitent et si elles ont reçu leur deuxième dose il y a six mois au moins.

Et depuis ce jeudi, tous les soignants peuvent désormais se faire injecter une troisième dose de vaccin anti-Covid, a annoncé jeudi le gouvernement. 

"Nous mettons en oeuvre l'avis de la HAS: l'ensemble des soignants seront concernés par la dose de rappel, comme les proches des personnes immunodéprimées. J'appelle toutes les personnes éligibles à faire rapidement leur dose de rappel", a indiqué le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Twitter.

"Dès aujourd'hui, les soignants qui sont complètement vaccinés (...) depuis plus de six mois peuvent recourir au rappel vaccinal", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, après le Conseil de défense sanitaire puis le Conseil des ministres. "C'est près de trois millions de soignants qui sont concernés par cette ouverture de la campagne de rappel vaccinal", a-t-il poursuivi.

Trois millions et demi de soignants qui rejoignent les plus de 65 ans

Les plus de 65 ans qui jusqu’à présent étaient les seuls éligibles à la troisième dose, avec les patients à risque. Soit environ 18 millions de Français. Qui peuvent se faire vacciner depuis le 13 septembre. Dans les Ehpad par exemple, la campagne de la troisième dose est déjà presque terminée. Dans une semaine les 600.000 résidents devraient tous être triple vaccinés.

Pour l’instant, il n’est pas question d’aller plus loin. La haute autorité de la santé le justifie en avançant deux raisons: d’abord le recul de l’épidémie, et puis le manque de données sur le déclin de l’efficacité du vaccin chez les jeunes adultes.

Autrement dit, on sait que, plus le temps passe moins le vaccin protège, mais on n’est pas encore capable de bien chiffrer ce déclin et donc de calculer le rapport bénéfices/risques pour les plus jeunes. Pour le moment, il est donc urgent d’attendre.

Les Etats-Unis viennent de prendre la même décision. Joe Biden souhaitait encourager la troisième dose pour l’ensemble de la population américaine, il s'était clairement prononcé, mais il a subi un revers. La FDA, l’agence du médicament, a décidé que seuls les plus de 65 ans et le personnel soignant y avait le droit. Exactement comme en France.

La FDA explique qu’il faut tenir compte des risques de myocardite chez les adolescents et les jeunes hommes. La myocardite est une inflammation du muscle cardiaque. Les cas sont rares, mais suffisamment nombreux pour que l’autorité américaine préfère ne pas recommander la troisième dose aux moins de 65 ans.

Israël en revanche a généralisé la troisième dose

Depuis la fin du mois d'août, tous les Israéliens de plus de 12 ans, pas 18 ans mais 12 ans peuvent recevoir une troisième dose, et même doivent recevoir ce rappel puisqu’il est désormais obligatoire pour bénéficier de la passe sanitaire. Les Américains n’ont pas caché qu’ils surveillaient de près les résultats de cette politique, et qu’en cas de succès, ils autoriseraient eux aussi la troisième dose pour tous. Et pour l'instant, ces résultats sont assez spectaculaires.

Sur la dernière semaine de septembre, pour 100.000 Israéliens de plus de 60 ans, on comptait 160 hospitalisations pour les non-vaccinés. Seulement 28 pour les doublements vaccinés. Et seulement 2,5 pour les triplés vaccinés. Autrement dit 65 fois moins de risque de cas grave pour ceux qui ont eu les trois doses. 

Nicolas Poincaré