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Toulouse: "Il va y avoir des licenciements, des fermetures de magasins, merci les gilets jaunes!"

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Ce samedi, la manifestation toulousaine a été marquée par des heurts avec les forces de l'ordre qui ont été prises à partie avec des projectiles. 18 personnes ont été interpellées, selon la préfecture. Une situation devenue insupportable pour les commerçants et les habitants.

Toulouse est la ville où l’on a le plus manifesté pour "l’Acte VI des gilets jaunes" ce samedi, avec Bordeaux. Environ 2.500 personnes étaient présentes au plus fort de la mobilisation selon les chiffres de la préfecture, contre seulement 2.000 à Paris.

"L'ambiance nous inquiète donc on préfère partir"

Une mobilisation, une nouvelle fois émaillée de violence et dans les rues samedi soir, comme un sentiment de fête gâchée. En fin d’après-midi dans le centre-ville, l’atmosphère se tend de plus en plus. Xavier, Emilie et leurs quatre enfants sidérés, se retrouvent pris au piège.

"Je ne sais pas ce qu’il se passe. On a vu les gens nous dire: 'partez, partez'. Même les gilets jaunes nous ont dit de partir, qu’il y avait du gaz partout. Je comprends la colère des gens qui sont dans la rue mais à la fois, embêter les autres, il y a toujours quelque chose qui me gêne un petit peu".

Valérie et son amie aussi ont décidé d’écourter au plus vite leurs achats: "A un moment, on était dans un magasin et ils ont fermé les portes. On a abrégé parce que ça nous a inquiété. L’ambiance nous inquiète donc on préfère partir".

"La préfecture n'a pas pris la mesure de la menace"

Une ambiance très lourde en pleine course aux cadeaux de Noël. Les commerçants sont une nouvelle fois très sévèrement impactés, se désole Philippe Léon, président des commerçants de la Rue Alsace Lorraine à Toulouse.

"Je pense que la préfecture n’a pas pris la mesure de la menace pour éviter aux consommateurs de se faire gazer rue d’Alsace. C’est du jamais vu. Malheureusement, ce qu’on craignait va arriver, il va y avoir des licenciements, des fermetures de magasins. Merci les gilets jaunes".

Ce samedi, 18 personnes au total ont été interpellées à Toulouse en marge de la manifestation, selon la préfecture.

"C'est un vrai ras-le-bol que j'éprouve"

Et ces violences dans la ville rose vont à nouveau allonger la facture des réparations. Elle s'élève déjà à 2 millions d'euros sans compter cette nouvelle manifestation. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, est révolté.

"Je suis très en colère. J’espère qu’enfin on allait avoir un weekend au calme, que les Toulousains allaient pouvoir faire leurs dernières courses avant Noël calmement, que les commerçants allaient enfin pouvoir retravailler. Ce n’est pas le cas. 2.500 manifestants, 300 casseurs qui cassent, qui s’attaquent à des commerces, au mobilier urbain, qui provoquent des incendies et attaquent les forces de l’ordre. C’est insupportable et je suis révolté. C’est un vrai ras-le-bol que j’éprouve".
Estelle Henry (avec C.P.)