RMC

Trafics de drogue à Paris: "J'ai changé mon parcours pour éviter les junkies qui me font peur"

Un homme, a priori de nationalité afghane, a blessé sept personnes dimanche soir à Paris avant d'être maîtrisé par des témoins qui lui ont jeté des boules de pétanque. Dans ce quartier de la place Stalingrad, où le trafic de crack prospère, les habitants décrivent une insécurité permanente.

Le drame de dimanche dans le 19ème arrondissement de Paris intervient alors que depuis plusieurs mois, les riverains et la mairie s’inquiètent du retour du crack aux abords de la place Stalingrad et dans les rues avoisinantes.

"Sur les marches de mon immeuble c’est blindé de monde qui inhale du crack"

Les habitants du quartier sont à bout de nerfs, et dénoncent l'inaction des pouvoirs public pour enrayer le fléau de la drogue qui gangrène le quartier. Depuis des mois, Guy subit le va et vient des dealers et l'agressivité des consommateurs jusqu'en bas de chez de lui.

"Régulièrement, sur les marches de mon immeuble c’est blindé blindé de monde qui inhale du crack, qui se piquent et qui sont agressifs. Tous les jours, il faut dire pardon pour pouvoir rentrer. Ça devient insupportable".

"Les riverains ont écrit des pétitions mais rien n’est fait"

Autour de la Place Stalingrad, dans les rues, sur les bords de Seine. L'insécurité est partout et les pouvoirs publics sont absents déplore Marie.

"J’ai déjà été agressée donc depuis, j’ai changé de parcours pour plus avoir à traverser tous les matins le groupe de junkies qui me fait peur. Les riverains ont écrit des pétitions mais rien n’est fait".

"On commence à avoir la boule au ventre quand on amène nos gamins à l’école"

Indigné, le maire du XIXème, François Dagnaud, exige plus de moyens pour sécuriser le quartier.

"Les parents m’ont expliqué, ils m’ont dit 'Monsieur le maire, on commence à avoir la boule au ventre quand on amène nos gamins à l’école'. C’est juste insupportable et le maire que je suis ne peut pas entendre ça sans que le ministre de l’Intérieur déploie sans attendre tous les moyens utiles. On n’est pas très loin de la non-assistance à quartier en danger".

Les patrouilles ne suffisent plus. Le maire veut des policiers en permanence sur les lieux sensibles.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec C.P.)