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Auto-école "low-cost" en faillite: "J’ai économisé pendant un an donc je suis dépitée"

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A la suite d’un dépôt de bilan, une auto-école low-cost 100% en ligne demande à ses candidats de repayer leur formation pour apprendre à conduire.

Plus de 5 000 candidats au permis de conduire partout en France se retrouvent aujourd'hui dans une impasse. L'agence PermiGo, une auto-école low-cost 100% en ligne, victime d'un dépôt de bilan au printemps dernier, demande à ses candidats de repayer tout, ou partie, de leur formation pour apprendre à conduire.

Le repreneur s'était pourtant engagé devant le tribunal de commerce de Lyon à reprendre tous les clients sans surcoût pour qu'ils terminent leur formation. D'où la colère de ces clients qui doivent repasser à la caisse. Une pétition a été lancée sur internet et une page Facebook rassemble déjà près de 400 mécontents.

"On se sent trompés"

Avant la reprise de PermiGo en mai dernier, Juliet, 24 ans a souscrit à une formation pour passer le permis de conduire qu'elle ne peut aujourd'hui plus effectuer.

"J’ai payé un forfait de 30 heures pour 1 100 euros à l’époque de PermiGo 1 en 2016 et depuis janvier, on m’a demandé de reprendre un forfait 20 heures en plus de mes 30 heures initiales donc en tout, de payer 50 heures de conduite".

C'est la même impasse pour les anciens clients de PermiGo partout en France. Juliet est très remontée.

"On se sent trompés parce qu’ils ont promis devant la justice de reprendre les élèves et ils ne tiennent pas leur parole. Donc ils n’avaient aucune légitimité à reprendre PermiGo s’ils n’étaient pas capables de tenir leurs promesses".

"J’ai économisé pendant un an donc je suis dépitée"

C’est aussi le cas de Clara, 21 ans, une cliente de PermiGo à Lyon.

"Aujourd'hui ils ne peuvent plus nous donner les heures auxquelles on avait souscrit. Donc c’est soit, vous souscrivez à 15 nouvelles heures et vous repayez soit, vous êtes libre de prendre votre dossier et partir. Mais bien sûr sans aucun remboursement. Si j’additionne tout ça, ça ferait 45 heures pour 1 700 euros. Chose que je ne peux pas faire financièrement parlant. Je suis étudiante, j’ai économisé pendant un an donc je suis dépitée".

Selon le groupe parisien Arcan, repreneur de PermiGO, impossible financièrement de continuer à donner ces heures de conduites gratuitement. Une situation prévisible selon Sophie Karsenty, du Conseil National des Professionnels de l'Automobile pour le Rhône.

"De toute façon, aucune auto-école ne s’est positionnée. Ils ont été rachetés 10 000 euros pour 6 000 élèves, c’est un vivier très intéressant donc il y aurait eu des auto-écoles voire des centaines qui se seraient positionnées dessus normalement. Nous on savait pertinemment que ce n’était pas viable".

Un courrier a été adressé au ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, pour qu'il se saisisse du dossier.

Gwenael WINDRESTIN (avec C.P.)