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Bientôt des PV pour stationnement non payé à 35 euros: "C'est clairement un impôt supplémentaire"

Au 1er janvier prochain, le montant de l'amende pour un stationnement non payé, désormais fixé par les municipalités, va changer. A Nantes ce sera 35 euros, à Toulouse 30 euros. Les mairies se défendent, les automobilistes râlent.

Le 1er janvier prochain, le montant de l'amende pour un stationnement non payé va changer. Aujourd'hui fixé à 17 euros par l'État, le PV se transformera en Forfait Post-Stationnement (FPS) et son coût sera décidé par les municipalités. Selon une étude du magazine Auto Plus, plus de 70 villes se sont déjà prononcé. Si certaines municipalités choisissent de baisser le coût de l'amende (10 euros à Castres), d'autres préfèrent l'augmenter, parfois jusqu'à 60 euros, comme à Lyon, où le mesure sera entérinée le 23 octobre prochain.

De nombreux conseils municipaux se penchent en ce moment sur la question. Les communes promettent désormais des contrôles beaucoup plus fréquents avec, à la clé, une meilleure rotation des véhicules sur les places de parking, et moins d'embouteillages dans les centres-villes.

"Les amendes ne vont pas dans notre poche"

RMC s'est rendue à Nantes, en Loire-Atlantique. Dans le centre-ville, l’amende passera de 17 à 35 euros dans l'hyper-centre. C'est trop, évidemment, pour les automobilistes, dont Alain, qui avoue oublier souvent l'horodateur quand il stationne. "Ça choque un peu, on va dire. Passer de 17 à 20 pourquoi pas, mais 35 c'est beaucoup. Avec 35 euros, on peut faire pleins de choses, notamment un petit resto".

Accusée de vouloir se faire de l'argent sur le dos des automobilistes, la mairie de Nantes se défend. "Les amendes ne vont pas dans notre poche, explique Gilles Nicolas, l'adjoint au stationnement. Ça va à Nantes Métropole, pas dans la poche de la mairie de Nantes. Ce sont des recettes affectées aux aménagements routiers. Une politique de stationnement ce n'est pas une politique du tiroir-caisse. Et puis on connaît les règles maintenant, il ne faut pas oublier de payer son stationnement". Chaque année, les amendes pour stationnement impayé rapportent 8 millions d’euros à la métropole nantaise.

"C'est clairement un impôt supplémentaire"

Mais le taux de recouvrement des amendes en France n'est que de 50%, et la quasi-intégralité (94%) de leur montant est aujourd'hui utilisé pour financer... le recouvrement. Jean-Pierre Moudenc, le maire (LR) de Toulouse, ne cache pas, lui, qu'il espère des recettes supplémentaires pour de futurs investissements municipaux. Dans la ville rose, l'amende passera de 17 à 30 euros en janvier prochain. "On compte récolter quelques millions d'euros, mais c'est beaucoup moins que les besoins de financement du plan de déplacement urbain". Surtout, "on récoltera peut-être moins puisqu'une fois que les automobilistes auront expérimenté et vécu le système, ils seront disciplinés et n'auront plus de PV à payer", anticipe-t-il.

Mais pour Pierre Chasseray, le délégué général de 40 millions d'automobilistes, tout le monde sera perdant, même les plus vertueux qui qui n'oublient jamais l'horodateur. "C'est clairement un impôt supplémentaire. Parce que si on veut augmenter le prix du PV de stationnement, il va falloir par conséquence augmenter aussi le coût horaire du stationnement. Pour une amende à 40 euros par exemple, il faudra que ce soit le montant total d'une journée de stationnement payante. Donc s'il y a 10h de stationnement payant pour une journée, cela voudra dire que tout le monde paiera 4 euros de l'heure. C'est inacceptable."

P. G. avec Anaïs Denet