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"C'est mon deuxième bureau, je réponds à tous les appels": ces automobilistes accros à leur portable

Malgré la prévention, les Français sont toujours plus nombreux à utiliser leur téléphone au volant, deux fois plus qu'en 2004. Désormais, on peut consulter le GPS ou écrire des SMS, un comportement qui multiplie par 23 le risque d'accident.

Les Français sont accros à leur téléphone, même au volant. Selon le 15e baromètre Axa sur le comportement des Français au volant, ils sont de plus en plus nombreux à utiliser leur portable en conduisant, deux fois plus qu'en 2004.

Désormais, on peut consulter le GPS ou écrire des SMS, un comportement qui multiplie par 23 le risque d'accident. Et au téléphone, un conducteur enregistre entre 30% et 50% d’informations en moins.

Avec 30.000 kilomètres au compteur chaque année, Cédric Corbarieu passe le plus clair de son temps de travail derrière un volant: "C'est un deuxième bureau, c'est un endroit où je travaille, sans ordinateur mais avec mon téléphone. Je le regarde tout le temps, la voiture est équipée en bluetooth, donc je réponds à tous les appels quand je conduis. Je peux aussi consulter mon agenda".

Impossible pour ce responsable commercial de faire autrement, Cédric se sent obligé de répondre: "C'est énormément d'appels tous les jours, donc on doit être entre 15 et 20 appels par jour, autant à passer, donc c'est obligatoire, sinon c'est un manque de réactivité et on peut rater des choses par rapport aux urgences".

Instaurer un devoir de déconnexion?

Qu'elle vienne du salarié ou de son employeur, cette pression est présente dans de nombreuses entreprises observe Stéphane de Jotemps, responsable des ventes chez Skillsoft: "On est toujours amené à regarder son téléphone parce qu'on est en flux tendu aujourd'hui et on se sent dans une certaine obligation d'y répondre. C'est certain que l'on s'affranchit du contexte et de la sécurité pour y répondre".

L'une des solutions selon lui: instaurer au sein de l'entreprise un devoir de déconnexion pendant les trajets professionnels. "Il y a toute une éducation à faire à tous les étages de l'entreprise pour qu'elle soit mise en place et respectée par celui qui est au volant. Le salarié, s'il n'est pas dans ce contexte-là, va prendre des risques et ces risques pourront se retourner contre l'entreprise s'il a un accident", estime-t-il.

Aujourd’hui, 6 professionnels sur 10 avouent utiliser quotidiennement leur téléphone quand ils conduisent.

Anaïs Bouitcha et Jean-Wilfried Forquès avec Paulina Benavente