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Carburants: la ruralité "regrette" d'avoir "cru le gouvernement quand il disait de ne pas paniquer"

Nadia Ziane, directrice du département consommation de l’association “Familles Rurales”, a témoigné du sentiment d'abandon des habitants de la campagne ce jeudi sur RMC, face à la pénurie de carburant.

Les familles vivant à la campagne se sentent de plus abandonnées par les pouvoirs publics ces dernières années. Une fracture territoriale et numérique accentuée par la crise des carburants depuis la semaine dernière.

Nadia Ziane, directrice du département consommation de l’association “Familles Rurales”, était l'invitée de "Charles Matin" ce jeudi sur RMC et a témoigné de ce désarroi.

"Le sentiment d'abandon est aujourd'hui très présent en milieu rural. Comme tous les consommateurs, on subit les pénuries de carburant, certains se retrouvent complètement isolés", regrette-t-elle.

"La situation est intolérable"

Elle en veut particulièrement au gouvernement car son association avait appelé à la responsabilité et à ne pas se ruer sur les pompes pour ne pas accentuer la tension sur le carburant qui est en quelque sorte auto-créé par la panique des utilisateurs. Aujourd'hui, elle s'en "mord les doigts".

"On avait appelé à ne surtout pas paniquer et ne pas créer la pénurie en s'ajoutant dans les longues files qui commençaient à se former. On le regrette amèrement car on a cru le gouvernement quand il disait: pas de panique, tout va bien, tout va s'arranger la semaine d'après. Des personnes se retrouvent dans l'impossibilité d'aller au travail, de visiter un proche, d'aller chez le médecin. La situation est intolérable pour ces familles-là, d'autant plus qu'il n'y a pas d'alternatives, pas de transports publics et une fracture numérique qui les empêche de faire les choses par internet."

"On nous dit tous les quatre matins que ça prend du temps... Engageons-les, sinon on ne s'en sortira jamais"

En zone rurale, Nadia Ziane estime que ça touche "tout le monde" sans distinction de région. Et si elle concède qu'il n'y a pas de solution à court terme, elle attend maintenant que le gouvernement arrête de retarder le lancement d'un plan d'envergure pour s'attaquer à cette fracture.

"Il y a une solution qui prend du temps. Plus vous décalez cette prise de décision et moins elle arrivera tôt. Si le gouvernement nous avait écouté et avait commencé à travailler à des solutions alternatives aux véhicules, nous n'en serions pas là. On nous dit tous les quatre matins que ça prend du temps... Engageons-les sinon on ne s'en sortira jamais. Il faut avoir la vision d'urgence, mais aussi avoir la vision d'avenir. On aimerait au moins que le gouvernement nous dise qu'ils ont décidé d'ouvrir un plan mobilité en milieu rural pour sortir les habitants de la dépendance à la voiture."
J.A.