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Les autorités alertent sur une nouvelle arnaque à la vignette Crit'Air

La police lance l’alerte sur la fraude du moment: l’arnaque à la vignette Crit’Air. L’escroquerie est en pleine expansion, à mesure que les zones à faibles émission (ZFE) se développent dans les métropoles françaises.

Les Zones à faible émission (ZFE) fleurissent un peu partout sur le territoire national. En conséquence, de plus en plus d’automobilistes doivent se munir d’une vignette Crit’Air, qu’ils doivent apposer sur le pare brise de leur véhicule afin d’être autorisés, selon le véhicule utilisé, à rouler au sein de ces ZFE.

Mais alors que ces ZFE se généralisent au travers du pays, de plus en plus d’esrocs ont flairé le filon et ont élaboré un schéma d’arnaque à la vignette Crit’Air.

L’entourloupe se présente généralement sous la forme de SMS ou de mails frauduleux, invitant la cible de l’arnaque à payer sa vignette Crit'Air en ligne. Après avoir cliqué sur le lien censé mener vers l’interface de paiement, l’usager se retrouve en réalité sur un site “mirroir” de paiement, qui enregistre les coordonnées bancaires de la victime et les envoient directement aux escrocs. Ces derniers n’ont alors plus qu’à effectuer des paiements avec la carte bancaire de la personne escroquée.

William Hippert, le chef du Service d'analyse stratégique de la criminalité organisée (Sirasco), rattaché à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), explique même qu’"après un premier appel, parfois, l'escroc téléphone à la victime en se faisant passer pour son banquier venu l'avertir qu'elle a été escroquée et lui demande accès à ses comptes pour soi-disant annuler la transaction".

En fin d'année 2022, une personne a ainsi viré 10.700 euros sur un compte en Espagne, une autre 3.000 euros en Lituanie.

Majdi, un automobiliste parisien, fait partie de ces personnes ayant été victimes de l’escroquerie. Pensant être sur un site légitime du gouvernement français, Majdi explique avoir “payé 35€ car je croyais être sur un site officiel, mais c’était de l’arnaque”.

Ina, une autre conductrice, montre dans l’un des nombreux SMS reçus la méthode de pression utilisée par les escrocs. “C’est toujours le même message: veuillez cliquer sur ce lien sous peine de contravention sous 48h”. Un moyen de forcer l’utilisateur à ne pas réfléchir et à payer directement pour éviter la prétendue amende.

Quatre fois plus de signalements depuis août 2022

Si l'arnaque à la vignette "Crit'Air" existe depuis ses débuts en 2017, à Paris, elle s'est particulièrement développée depuis la fin d'année 2022. Une conséquence directe de l’avènement des ZFE.

"Sur les deux années 2020 et 2021, 43 faits ont été signalés contre 56 pour 2022, dont 38 entre juillet et décembre. (...) Des statistiques sans doute au-deçà de la réalité mais qui montrent une accélération", souligne William Hippert, chef du Service d'analyse stratégique de la criminalité organisée (Sirasco).

Sur la plateforme du site communautaire "Signal-Arnaques", le nombre de signalements sous l’appellation "Arnaques Critair" a explosé depuis le mois d’août dernier: les alertes ont quadruplé, et le nombre de signalements a passé la barre des 200 sur le simple mois de janvier 2023.

Si ces faux-sites ne réclament que quelques euros, et qu’il est donc facile de faire preuve d’un manque de méfiance, les plus gros soucis arrivent parfois bien plus tard… Damien Bancal, spécialiste en cyber intelligence, assure que les données bancaires peuvent être utilisées plusieurs mois après l’escroquerie.

“Les données bancaires fournies, ils les stockent. La semaine prochaine ou dans six mois, ils vont vous voler combien: deux, trois, huit mille euros?”, questionne-t-il.

Alors pour vous y retrouver, un seul site à retenir pour obtenir sa vignette Crit’Air: https://www.certificat-air.gouv.fr/. Tous les autres sites, frauduleux donc, sont à signaler auprès du site internet Signal Spam.

Maryline Ottman, Alexis Lalemant avec AFP