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Neige et verglas: les routiers à l'arrêt "se sentent abandonnés"

Les routiers sont toujours interdits de circulation en Eure-et-Loir et en Ile-de-France ce jeudi, en raison des conditions climatiques. Certains routiers sont bloqués depuis mardi sur des aires d'autoroutes, comme sur l'A11, près de Chartres, où s'est rendue RMC.

Ils sont plusieurs centaines de routiers à l'arrêt, interdits de circulation en En Eure-et-Loir et dans toute l'Ile-de-France en raison de la neige et du verglas, jusqu'à nouvel ordre préfectoral. En attendant de pouvoir repartir, peut-être ce jeudi après-midi, les routiers doivent patienter dans leurs camions. Et ça les agace. RMC s'est rendu sur l'aire de Chartres-Bois-Paris, sur l'A11 en Eure-et-Loir, où certains routiers sont bloqués depuis mardi. Comme Redouane, qui n'avait pas prévu de passer plusieurs jours coincés dans son camion. "J'ai dû faire venir des amis qui ont faire 1h30 de routes pour m'apporter à manger, à boire et un peu de change".

"On n'a pas d'infos"

Alors qu'il fait -8° degrés dehors, Redouane doit faire tourner son moteur pour éviter que la batterie ne gèle, en attendant de pouvoir repartir. "On se sent abandonné. On n'a pas d'infos, on n'a que la radio et la télé, et encore la télé on ne l'a pas en station donc on se débrouille avec les téléphones. On essaie d'appeler les collègues qui sont partis en reconnaissance, mais ça n'avance pas devant et certains sont bloqués. Donc moi, je préfère rester en station".

En 20 ans de métier, Bruno, lui aussi coincé sur cette aire d'autoroute, n'avait jamais vu ça. Il pense qu'il suffirait d'équiper tous les poids lourds en pneus neige pour éviter cette pagaille. "En Allemagne, c'est obligatoire: de telle date à telle date vous devez être en pneu hiver. Quand vous avez un chasse neige qui chasse la neige, les autres véhicules qui sont équipés de pneus hiver vont continuer à dégager le reste de neige. Donc ils assèchent la route", explique-t-il. "Mais bon, le patron il n'est pas content parce que ça coûte cher", conclut-il, fataliste.

"162 euros minimum par jour de blocage"

Pourtant, cette épisode neigeux coutera cher aux transporteurs. "Le blocage d'un véhicule nous coute plus de 162 euros par jour, explique Pierre Roux, directeur du marketing chez Fretlink, une entreprise de transport routier. Ce à quoi il faut ajouter le salaire du chauffeur immobilisé. Donc la facture devient rapidement conséquente pour le transporteur. Le deuxième problème que cela peut engendrer, c'est la casse matérielle. Forcément il peut y avoir des glissements sur les autoroutes. Donc il y a un risque matériel et humain".

P. Gril avec Cécile Costes