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Taxes carburants: comment la riposte est organisée par les automobilistes

La colère gronde face à l'envolée des prix des carburants. Alors que des pétitions et des pages Facebook ont recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures, le gouvernement maintient son cap.

Les automobilistes sont en colère et menacent de bloquer les routes de France. Pour protester contre la forte hausse des prix du carburant dues à la flambée des cours du pétrole mais également de la hausse des taxes voulue par le gouvernement, de nombreux utilisateurs de la route ont signé des pétitions et organisent des rassemblements citoyens en vue de bloquer des axes routiers.

Sur Facebook, il existe plus d'une centaine de groupes qui appellent à bloquer les routes le 17 novembre. Quasiment tous les départements sont concernés. Et tous les territoires: les zones rurales, les villes moyennes, les grandes agglomérations.

"On ne veut être récupéré par aucun parti ni aucun syndicat"

Et ces blocages promettent d'avoir beaucoup de succès. La page Facebook appelant au blocage du périphérique parisien rassemble déjà à elle seule plus de 40.000 participants. Plus de 5000 pour celui de Clermont-Ferrand.

D'autres, enfin, proposent, d'envoyer les tickets de caisse des stations-services directement à l’Elysée pour interpeller sur la dégradation de leur pouvoir d’achat.

Toutes ces initiatives ont été lancées sur le réseau social par de simples citoyens, comme ils se présentent. Et même si des partis politiques comme le Rassemblement national ou le Debout la France appellent à rallier le mouvement, la grande majorité des organisateurs qui se veulent pacifiques et apolitiques.

Le gouvernement se tire-t-il une balle dans le pied ?

"On ne veut pas être récupéré par aucun parti ni aucun syndicat", précise l'organisateur du blocage parisien. "Tout le monde est le bienvenu, mais en tant que simple citoyen".

Le gouvernement a-t-il raison "d'entendre" cette colère sans toutefois débloquer la situation? Bruno Cautrès estime que c'est risqué. 

"Je ne crois pas que ce soit une bonne posture pour le gouvernement. Il y a quelque chose qui se passe dans l'opinion générale dans le domaine du pouvoir d'achat. C'est quelque chose qui peut jouer des tours à n'importe quel gouvernement. Est-ce que ça va accroître le sentiment que c'est un gouvernement qui n'est pas à l'écoute des Français? C'est bien là le risque politique."
Marie Régnier (avec J.A.)