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Toussaint et changement d'heure: pourquoi la sécurité routière appelle à la vigilance

La déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Florence Guillaume, était l’invitée de l’émission Charles Matin sur RMC, afin d’appeler à la vigilance sur les routes en ce weekend de la Toussaint, synonyme aussi du changement d’heure. Elle alerte notamment sur les usagers les plus vulnérables, notamment en milieu citadin.

Le weekend de la Toussaint est là. Décompression oblige, il faudra tout de même être vigilant sur les routes. Selon un sondage de l’association Assurance Prévention, qui regroupe des assureurs français, 82% des Français se disent inquiets pour leur sécurité sur la route en cette période de la Toussaint.

Une peur qui se traduit logiquement dans les faits selon Florence Guillaume, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière. D’après l’ancienne générale de gendarmerie, “il est vrai que lors du weekend de la Toussaint, on observe traditionnellement un pic d’accidentalité, qui est dû à deux facteurs : la météo (...) mais également le changement d’heure. C’est moins de visibilité et une tranche horaire 17-19h qui évolue”.

Si, ces dernières années, la fin de semaine de la Toussaint n’est plus la plus meurtrière de l’année sur les routes, Florence Guillaume rappelle que ce weekend a pendant longtemps été le plus dangereux et qu’il reste toujours “prégnant”, alors qu’il signe aussi l’arrivée de l’heure d’hiver en France.

“Au moment du changement d’heure, on observe que la tranche de 16h/20h, c’est 20% des accidents. (...) Le sujet qui nous préoccupe, ce sont les usagers les plus vulnérables : les piétons, les cyclistes et les trottinetistes”, détaille Florence Guillaume.

Piétons: +40% de mortalité entre octobre et novembre

Dans le détail, la déléguée à la sécurité routière avance deux chiffres saillants. “Pour les piétons, de façon continue sur les dernières années, c'est +40% de mortalité entre octobre et novembre. Pour les cyclistes, (...) on a 20% de mortalité en plus en 2021 par rapport à l’année précédente. Et 2022 est assez défavorable”, relève Florence Guillaume.

Elle donne alors des conseils “de bon sens”, qui doivent tout de même être rappelés en prévention de ce weekend de la Toussaint. Il faut “voir et être vu”.

"Voir c’est vélo et trottinettes, un feu à l’avant, un feu rouge à l’arrière, des catadioptres sur les côtés. Être vu c’est le gilet réfléchissant qui est de toute façon obligatoire hors agglomération quand il n’y a pas de visibilité. C’est une habitude à prendre et qui doit se développer car on observe de façon très forte une mortalité qui évolue défavorablement des usagers vulnérables”, rappelle la déléguée interministérielle à la Sécurité routière.

Obligation des pneus neige: les bons gestes à avoir

L’occasion était aussi donnée à Florence Guillaume de se pencher sur la prochaine grande mesure à entrer en vigueur pour les usagers de la route. Au 1er novembre prochain, la réglementation sera durcie dans plusieurs dizaines de départements concernant les pneus neige et les chaînes.

Mais Florence Guillaume le rappelle, “ce dont on parle ici, c’est l’obligation de porter des pneus neige ou de disposer de chaînes dans son coffre. Il y a vraiment une alternative, ce n’est pas forcément les pneus neige. Globalement c’est du bon sens”.

Pas d’obligation donc de chausser les pneus neige en prévision de l’hiver, à partir du moment où l’on détient un pack de chaînes pour équiper son véhicule.

“Les communes sont listées pour chaque département, des communes où les neiges sont fréquentes, et à ce moment-là on vous demande de disposer de chaînes, pour s’équiper assez rapidement en cas de chute de neige impromptue”, précise Florence Guillaume.

Enfin, Florence Guillaume a aussi été questionnée sur la mise en place des dispositifs visant à verbaliser automatiquement les contrevenants aux Zones à faibles émissions (ZFE).

“Il a été annoncé que ces radars ne seraient pas mis en place avant 2024, au deuxième semestre. Le travail interministériel est en cours afin de définir le meilleur outil et de définir les modalités et dérogations possibles”, a sobrement déclaré Florence Guillaume, sans donner davantage de détails sur ces nouveaux dispositifs.

Alexis Lalemant