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Mortalité sur la route: comment protéger les cyclistes?

D'après le dernier bilan de la sécurité routière, la mortalité des cyclistes augmente fortement. Un phénomène qui inquiète les associations, qui appellent au développement de meilleures infrastructures sur les routes.

Augmentation "très préoccupante" de la mortalité sur les routes de France. Selon le dernier bilan de la Sécurité routière pour le mois de mai, publié mardi, le nombre de personnes décédées sur les routes est en hausse de 21% par rapport à 2019. 293 personnes sont mortes, contre 243 il y a trois ans. Un phénomène qui s’observe encore plus chez les cyclistes. Pour cette catégorie d’usagers, la mortalité a quasiment quadruplé passant de 6 en mai 2019 à 22 en mai 2022.

Chez les cyclistes lyonnais, la sécurité n’est pas forcément appréciée de la même façon. Hugo et Aurélien utilisent très souvent le vélo. Le premier ne met pas de casque. “Je trouve que c’est trop encombrant en fait”, indique-t-il. Le second garde ses écouteurs: “Ça déconcentre pas mal, c’est vrai. Mais après, ça fait très longtemps que j’en fais et je suis très visuel”.

Un comportement qui ne plaît vraiment pas à Quentin. Ce cycliste quotidien a d’ailleurs eu un accident à cause de ça. “C’était un piéton qui avait des écouteurs. Je klaxonnais, il était de dos et en fait quand je suis arrivé à sa hauteur, il s’est jeté devant moi”, détaille-t-il.

Selon la Fédération des usagers de la bicyclette, la mortalité ne s’explique pas seulement par le comportement des cyclistes, mais aussi par l’explosion du nombre d’usagers.

“Entre mai 2019, qui était un mois assez mauvais du côté du vélo, et un mois de mai 2022 assez exceptionnel, on estime qu’on était entre +55% et +100% de fréquentation des pistes cyclables”, assure Thibault Quéré, l’un des responsables de l’association.

Des aménagements nécessaires

Camions, voitures, trottinettes… Deux cyclistes sur trois sont tués par d’autres usagers. Pour Christophe Ramond, porte-parole de l'association Prévention Routière, il faut revoir les routes françaises.

“Il faut des aménagements qui leur permettent de circuler en sécurité, c’est-à-dire des bandes cyclables, des pistes cyclables, et il faut des aménagements qui permettent de réduire la vitesse des véhicules motorisés. C’est pour ça qu’on préconise aux villes d’étendre les zones 30 km/h à tous les hyper-centres”, indique-t-il.

Les associations appellent également le gouvernement à agir via des actions de prévention et notamment un rappel au code de la route, pour tous les usagers.

Vincent Chevalier avec Guillaume Descours