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"Une hystérie collective": après des heurts en quarts, pas de transports à Nantes pour France-Maroc

À l’approche de la demi-finale de Coupe du monde mercredi soir, à 20h, opposant la France au Maroc, les transports en commun du centre ville de Nantes seront arrêtés à 21h30, bien plus tôt qu’à l’accoutumée à cause de heurts après les quarts de finale.

France-Maroc, c’est déjà demain. Alors que les deux nations s’affronteront ce mercredi 14 décembre, à partir de 20h, pour le compte de la seconde demi-finale de Coupe du monde, la ville de Nantes se prépare et préfère jouer la carte de la sécurité.

À la suite d’une demande émise par la CFDT Semitan, le syndicat de la société d'exploitation des transports en commun nantais, les bus et les tramways ne circuleront plus dans le centre-ville à partir de 21h30. Dimanche, la branche syndicale estampillée CFDT de Semitan avait fait valoir un droit d’alerte, celle-ci disant craindre pour ses employés à cause de possibles débordements à l’issue du match.

"Il nous semblait urgent de trouver une solution équilibrée"

Invité au micro de Charles Magnien, dans l’émission Charles Matin sur RMC, le secrétaire général adjoint de la CFDT Transport Gabriel Magner explique qu’au regard de “ce qu’il s’est passé déjà samedi soir (NDLR : après les festivités suivant les qualifications de la France et du Maroc), il nous semblait urgent de trouver une solution équilibrée pour répondre à deux objectifs. Le premier, la sécurisation des agents de la Semitan. Et deuxièmement, la continuité du service public”.

Revenant sur les événements de samedi 9 décembre, Gabriel Magner raconte qu’après la victoire de la France contre l’Angleterre, “d’un bonheur partagé on est passé à une hystérie collective. Le centre-ville a été submergé de monde dans les rues et forcément les véhicules de la Semitan se sont retrouvés bloqués”.

Le syndicaliste, qui est aussi conducteur de tramway et de bus à Nantes, raconte ensuite que “des gens sont ensuite montés sur des bus, d’autres sont rentrés dans les bus en tapant sur les vitres, et mettant nos collègues ainsi que les gens de terrain en difficulté”.

“Quand vous avez 20-30 personnes qui montent dans un bus et qui tapent fort sur les vitres ou qui hurlent, vous ne savez pas ce qui se passe (...) et vous allez prendre peur”, lance Gabriel Magner

Un dispositif déjà connu des Nantais

Résultat des courses, après ces démonstrations de joie parfois trop intenses, la CFDT Semitan a obtenu cette adaptation temporaire de la mobilité nantaise, avec l’arrêt des transports en commun en centre-ville à compter de 21h30.

Un dispositif qui n’est pas une première, puisque cela “existe lors de manifestations qui prennent place dans le centre-ville. On a l’expérience aussi de ce qu’il s’est passé lors de la dernière finale de la Coupe de France. À Nantes, ça faisait longtemps que nous n’avions pas gagné une coupe. On a vu les mêmes scènes de liesse, mais aussi les mêmes débordements et les mêmes scènes dangereuses”, développe le secrétaire général adjoint de la CFDT Transport.

Expliquant que “l’utilité est d’organiser le transport urbain pour que tout un chacun puisse rentrer du travail à son domicile et que les salariés du transport de Nantes puissent travailler dans de bonnes conditions”, Gabriel Magner juge cette solution comme “équilibrée”.

Et ce, même s’il “faudra marcher quelques centaines de mètres en plus pour pouvoir récupérer son bus et son tramway” aux arrêts situés un peu plus à l’extérieur du centre-ville nantais.

Enfin, Gabriel Magner anticipe aussi la finale de la Coupe du monde, dimanche 18 décembre à 16h. “Quoi qu’il arrive, il y aura la France ou le Maroc en finale. Il faudra renouveler ce dispositif dimanche, car forcément ce sera soit un nouveau bonheur, soit cette hystérie collective qui s’emparera des supporters marocains ou français”.

Le secrétaire général adjoint de la CFDT Transport en a aussi profité pour rappeler aux conducteurs des transports nantais qu’ils pouvaient, s’ils se sentaient en réel danger lors de leur service à la fin du match France-Maroc, faire valoir leur droit de retrait. Gabriel Magner conclut en soulignant son espoir de voir “les pouvoirs publics prendre leur part dans ce qu’il se passera demain, que les services de police nationale et de police municipale soient bien présents sur le terrain”.

Alexis Lalemant