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Aux États-Unis, des robots dentistes opèrent sans intervention humaine

Un dentiste un peu spécial a fait son apparition aux États-Unis et en Chine. Le robot dentiste Yomi est capable d'opérer un patient sans aucune intervention humaine et avec une précision supérieure à celle de l'humain.

Traumatisés de la roulette, s'abstenir. Les Etats-Unis et la Chine commencent à faire appel à des robots dentistes, capables de poser un implant dentaire sans aucune intervention humaine. Cet appareil pourrait être sorti d’un film d’horreur. Yomi, le robot dentiste, a des bras robotiques équipés de tout un tas d’instruments de torture: écarteurs pour tenir la bouche ouverte, fraises, foreuses.

Dans un premier temps, le patient doit passer un scanner pour que la machine réalise une cartographie extrêmement précise de l’intérieur de sa bouche, de sa mâchoire, avec des repères des endroits sur lesquels il faut intervenir. Une fois sous anesthésie, les bras robotiques vont suivre ces repères et opérer. Lors de sa première démonstration il y a quelques années, il s’agissait d’installer deux implants dentaires de manière totalement autonome. En tout, l’opération a duré moins d’une heure et s’est déroulée parfaitement sans aucune intervention humaine, sauf pour changer de fraise en cas de besoin.

Une aide pour l'humain dans la plupart des cas

Depuis, ces machines ont été autorisées aux Etats-Unis notamment mais la plupart du temps, elles vont surtout servir d’assistant médical à un dentiste humain. En clair, c’est le bras robotique qui va guider celui de l'humain avec un retour de force (haptique) un peu comme l’aide à la conduite, quand le volant vous résiste un peu si vous voulez franchir une ligne blanche. Sauf que là, évidemment, la précision est de l’ordre du millimètre.

Encore faut-il faire confiance à la machine qui n’est pas franchement rassurante. Même si c’est contre-intuitif, vous avez moins de chance d’avoir mal avec ces machines, qui sont en réalité plus performantes que des humains sur la même tâche. Avec ce robot dentiste par exemple, on gagne en précision, avec un taux d’erreur de 0,2 mm, ce qui est largement inférieur à celui d’une main humaine même exercée. Si on est rationnel, il y a moins de chance d’accident, ou en l’occurrence d’erreur médicale, que si un humain intervient.

L’autre avantage de ces robots médicaux, c’est qu’ils utilisent des instruments plus petits, qui permettent de faire ce qu’on appelle de la chirurgie mini-invasive, à base de toutes petites incisions, on "charcute" moins le patient. Ce qui permet de moins souffrir et de récupérer plus vite. Enfin, en mode totalement autonome, ce genre d’outil pourrait être une solution à la pénurie de dentistes dans certaines régions, une solution aux déserts médicaux.

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Un robot patient pour la formation

Autre robot qui sert dans l'odontologie mais c'est le principe inverse. Le dentiste est bien humain mais c’est le patient le robot. Ça évite de charcuter de pauvres patients humains quand on n’est pas encore un professionnel de la carie, pour la formation des futurs dentistes notamment. Ces robots ultraréalistes sont notamment utilisés à la faculté de chirurgie dentaire de Strasbourg, une première en France.

Il s’appelle Monsieur Meyer: une sorte de docteur maboule mais en beaucoup plus sophistiqué équipé de plus de 200 capteurs. On croirait un patient réel et ce robot va servir de cobaye. Il va même jouer le rôle du patient pénible. Il bouge la tête, il éternue, il cligne des yeux, sa langue bouge à l’intérieur de la bouche, il s’étouffe si vous ne le laissez pas assez respirer et est "sensible" à la douleur: il réagit si vous lui faites mal. Tout cela permet de s’impliquer beaucoup plus: le futur médecin en formation a de l’empathie qu’on n'a évidemment pas avec un modèle figé. C’est une tendance de fond, ce qu’on appelle la simulation numérique en santé, qui veut que grâce à la technologie, les médecins se forment virtuellement avant de pouvoir toucher un patient réel.

Anthony Morel (avec MM)