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Le réseau Internet attaqué: qui a coupé les câbles de fibre optique?

Le réseau Internet français a été perturbé dans plusieurs villes ce mercredi après la coupure de câbles de fibre optique. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, alors que les pistes sont multiples.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris après un sabotage sur le réseau de fibre optique mercredi. Des câbles inter-régionaux de fibre optique ont été sectionnés volontairement en plusieurs lieux, notamment sur les liaisons Paris-Lyon et Paris-Strasbourg. Conséquence, des coupures d'accès à Internet ont été recensées notamment à Grenoble, Besançon, Reims et Strasbourg.

Cette attaque a eu un “impact majeur et inédit” sur la connexion Internet française, affirme Nicolas Guillaume, dirigeant de Netalis, un opérateur alternatif. Et la malveillance dans ces agissements ne fait pour lui aucun doute: "Ces câbles ont été sectionnés de façon très nette dans des chambres télécoms posées au sol à différents endroits. Les auteurs des faits ont visiblement eu une action coordonnée”.

"Ça ne se fait pas avec un cutter"

Car les coupures ont eu lieu en six points différents d’Île-de-France, à quelques dizaines de minutes d’intervalle. Encore un indice de sabotage pour le dirigeant de Netalis, qui compte déposer plainte. “Ce sont des gens très bien informés qui savent précisément à quel endroit atteindre les câbles de télécommunications et l'impact que ça peut avoir". Ces actes de vandalisme peuvent avoir de graves conséquences. Car au-delà d’empêcher une connexion à Netflix, par exemple, ils paralysent aussi les lignes téléphoniques et l’accès aux services d’urgence.

"Ces câbles, ce sont de très gros tuyaux qu'on trouve sur le bord des autoroutes, qui sont enterrés et qui fournissent de très grandes quantités d'informations par internet et également à nos téléphones portables", explique à RMC Damien Bancal, journaliste spécialisé dans la délinquance informatique.

"Ces gens ont trouvé un endroit où sont ces câbles et cela nécessite un peu de matériel, cela ne se fait pas avec un cutter. On parle de gros câbles avec une protection autour", ajoute-t-il.

"On est face à des gens qui ont réfléchi à leur action"

Il s'agit donc de personnes bien organisées et les pistes sont multiples: "Il y a plein de possibilités: cela peut-être des anarchistes ou des activistes qui se sont attaqués à différentes structures parce qu'anti vaccin ou anti 5G", estime Damien Bancal. "Ça demande un petit temps de préparation. Ensuite, il faut s'assurer de vite couper en fonction d'éventuelles caméras de sécurité. On est face à des gens qui ont réfléchi à leur action", ajoute-t-il.

Il estime aussi que l'on ne peut pas exclure la piste russe: "Cela pourrait être un moyen de mettre la pression sur les pays qui apportent une aide à l'Ukraine, mais cela n'a visé que la France, donc cela paraît peu probable", assure-t-il, précisant que la carte de ces câbles est facilement accessible en ligne.

"Ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais là ce qui est surprenant, c'est cette façon d'agir en plusieurs points et l'impact que cela eu pendant plusieurs heures en France", ajoute Damien Bancal.

Preuve que les pouvoirs publics prennent l'affaire au sérieux, les investigations ont été confiées à la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure, et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Ambre Lepoivre et Guillaume Dussourt