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Urvoas répond à Sarkozy : "Le bracelet électronique n'est pas une suspicion, c'est une condamnation"

Le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, spécialiste des questions de sécurité au PS, a dénoncé sur RMC la proposition de Nicolas Sarkozy de placer sous bracelet électronique toutes les personnes fichées 'S'. Il a également détaillé ce fameux fichier, qui concerne selon lui 10.000 à 11.000 personnes.

Les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, Mohammed Merah, le responsable de l’attaque du Thalys, Mehdi Nemmouche… Et maintenant Omar Mostefaï, un des kamikazes du Bataclan. Tous faisaient l’objet d’une "fiche S". Français de 29 ans, Omar Mostefaï était fiché pour sa radicalisation islamiste, mais n'avait "jamais été impliqué" dans un dossier terroriste, selon le procureur de Paris François Molins.

"Il y a entre 10.000 et 11.000 fiches S"

Jean-Jacques Urvoas, le monsieur sécurité du Parti socialiste, a expliqué sur RMC ce qu'était cette fameuse fiche S. Le fichier S fait partie du "fichier des personnes recherchées, le FPR, crée en 1969, explique-t-il. Il y a dans ce ficher 400.000 personnes. Il contient 21 catégories identifiées par une lettre pour définir son domaine : 'M' pour les mineurs recherchés, 'V' pour les évadés, et vous avez 'S' pour la sûreté du territoire. Dans cette dernière catégorie, à ma connaissance on est entre 10.000 et 11.000 personnes, car ce n'est pas un fichier public permettant d'avoir un chiffre avéré. Dans ce fichier 'S', il y a des sous-catégories qui désignent des spécificités. Par exemple, Mohamed Merah était sur une fiche 'S5', ce qui veut dire qu'à chaque fois qu'il passait une frontière il était signalé".

Jean-Jacques Urvoas a rappelé qu'Omar Ismaïl Mostefaï "était fiché depuis 2010, pour des raisons simples : fréquentation d'une mosquée jugée radicale. Aucun acte, ne lui était reproché".

"Il y a les marchands d'illusions et ceux qui proposent un état policier"

Jean-Jacques Urvoas en a profité pour dénoncer les propositions de Nicolas Sarkozy, notamment celle de mettre sous bracelet électronique toutes les personnes sous fiche S. "Depuis deux jours, énormément de spécialistes ont des solutions (contre le terrorisme). Parmi eux il n'y a que deux catégories: les marchands d'illusions, et ceux qui proposent un état policier. Je n'en suis pas. Je suis là pour garantir l'État de droit", a réagi le député PS.

"A l'Élysée, dimanche, François Hollande a dit que nous prendrons toutes les propositions efficaces qui sont compatibles avec l'État de droit. Dans ce pays, par exemple, vous ne pouvez pas vous faire mettre un bracelet électronique quand il y a simplement de la suspicion. Le bracelet électronique suit une condamnation et pour être condamné il faut des faits".

P. Gril avec JJ. Bourdin