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Vaccination des ados contre le Covid-19: entre impatience, prudence et réunion de famille

Plus de 3.5 millions d'adolescents sont concernés par l'élargissement de la vaccination.

Plus de 3.5 millions d'adolescents sont concernés par l'élargissement de la vaccination. - RMC

La vaccination contre le Covid-19 est ouverte à partir de mardi aux jeunes de 12 à 17 ans. Objectif: immuniser une plus grande part de la population. Pour être vaccinés, les ados doivent donner leur accord, mais aussi celui de leurs deux parents. Provoquant parfois quelques débats familiaux.

La vaccination contre le Covid-19 est ouverte aux jeunes de 12 à 17 ans à partir de mardi. Plus de 3.5 millions d'adolescents sont concernés par cet élargissement. Pour le moment, seul le vaccin Pfizer BioNTech est autorisé à être utilisé pour cette tranche d'âge. Moderna, qui a fait une demande la semaine dernière, attend la réponse de l'Union européenne.

L'enjeu de la vaccination des plus jeunes n'est pas d'éviter l'engorgement des hôpitaux car peu d’ados font des formes graves, mais plutôt d'immuniser une plus grande part de la population. Seules conditions pour être vaccinés: avoir l'accord des deux parents, et être accompagné de l’un d’eux au moment de l'injection.

"Mon père ne veut pas que je le fasse"

Cette nouvelle possibilité suscite de l’impatience chez certains enfants. "J’aimerais le faire dès que possible", assure Gabriel, 12 ans. "Mes parents m’ont dit que ce serait bien que je le fasse et je suis assez d’accord. Dans le monde, il y a énormément de gens qui l’ont fait et la plupart du temps, ça se passe bien", poursuit-il auprès de RMC. "Je n’ai pas envie de le faire et mon père ne veut pas que je le fasse non plus. Je ne suis pas vraiment à risque. J’ai plus de chance de mourir sur la route que du coronavirus", estime au contraire son amie Hélène.

"Il doit essayer de convaincre sa mère"

Et quand les parents ne s'accordent pas, tout se complique. C’est par exemple le cas de Jean, papa d'un garçon de 12 ans. Il n'arrive pas à convaincre son ancienne compagne de faire vacciner leur enfant: "C’est frustrant. C’est une perte de temps pour le retour à une vie normale. Il doit avoir sa mère au téléphone pour essayer une dernière fois de la convaincre avant d’annuler le rendez-vous. Si ce n’est pas le cas, je crois qu’il lui en parlera à chaque fois qu’il la verra", confie-t-il.

Selon le processus mis en place dans les centres de vaccination, le médecin recueillera le consentement oral de l’enfant lors de l'entretien préalable au vaccin. Les deux parents doivent également signifier leur accord en remplissant un formulaire d'autorisation parentale, à télécharger sur le site du ministère de la Santé, avant le rendez-vous. Cette attestation sera à présenter le Jour J par l'un des deux parents.

Jusqu’à présent, seuls les jeunes de 16 et 17 ans pouvaient être vaccinés, s'ils souffraient d'une pathologie à très haut risque, ou s'il s'agissait de proches de personnes immunodéprimées. Par ailleurs, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a comptabilisé 98 décès sur 1,1 million de cas chez les 10-19 ans.

Alfred Aurenche