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"Venger la destruction de la cathédrale de Paris" en attaquant la mosquée de Bayonne: d'où vient cette "théorie du complot"?

Le procureur de la République de Bayonne ce mardi.

Le procureur de la République de Bayonne ce mardi. - BFMTV

Après plus de 24 heures de garde à vue, Claude Sinké, 84 ans, a expliqué aux enquêteurs avoir voulu "venger la destruction de la cathédrale de Paris", qu'il attribue aux musulmans.

Pour "venger la destruction de la cathédrale de Paris". L'octogénaire suspecté d'avoir blessé deux personnes dans son attaque contre la mosquée de Bayonne souffre d'une "altération partielle de son discernement", mais sa responsabilité pénale reste engagée et il sera présenté mercredi à un juge d'instruction, qui devrait le mettre en examen.

Après plus de 24 heures de garde à vue de Claude Sinké, 84 ans, le procureur de Bayonne avait en effet mis en question sa santé mentale, expliquant que le suspect avait dit aux enquêteurs avoir voulu incendier la mosquée de Bayonne pour "venger la destruction de la cathédrale de Paris", qu'il attribue aux musulmans, mais se défendant d'avoir voulu tuer personne.

Il a ainsi précisé aux enquêteurs qu'il avait pris soin de "repérer à de nombreuses reprises la mosquée afin d'être certain d'intervenir qu'à un moment où elle était très peu occupée". 

"C'est le lot quotidien des théories du complot"

Pour Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême-droite, son acte est la résultante directe du complotisme régnant sur les réseaux sociaux au moment de l'incendie de Notre-Dame.

"Cela dit quelque chose sur la folie qui s'est emparée des réseaux sociaux au moment même où les flammes s'élevaient encore de Notre-Dame. Spontanément, des gens se sont mis à expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un incendie accidentel, mais qu'il y avait un incendie criminel qui avait été perpétré" détaille-t-il.

"Mais par qui? Qui peut s'en prendre à un lieu de culte catholique dans un pays où des attentats islamistes ont lieu de manière régulière? On a vu surgir à ce moment-là la piste de l'acte commis par des islamistes, des musulmans... C'est le lot quotidien des théories du complot qui fleurissent sur les réseaux sociaux" décrypte le spécialiste sur RMC.

"Le gilet jaune en haut des tours"

Peu de temps après l'incendie, de nombreuses théories avaient en effet fait polémique sur les réseaux sociaux, comme nous vous en parlions dès le mois d'avril dernier.

Sur une vidéo filmée depuis un téléphone portable, et vue des centaines de milliers de fois sur les réseaux, on voit une silhouette qui porte un gilet jaune, se déplacer sur une des tours de Notre-Dame de Paris, pendant l'incendie. Et pour de nombreux internautes, cette personne, qualifiée tantôt de "gilet jaune", tantôt de musulman, serait tout simplement la personne qui a mis le feu à Notre-Dame. Or, comme nos confrères de Checknews l'avait indiqué sur RMC: il s'agit en réalité d'un sapeur-pompier de Paris... équipé d'un casque et d'un gilet jaune, qui est en fait une chasuble de fonction.

Selon le dernier rapport de la brigade criminelle chargée de l’enquête sur l'incendie de la cathédrale, en juin dernier, les causes précises de l'incendie restent encore inconnues précisément, bien qu'une accumulation de négligences a été mise à jour. Reste que la conclusion la plus formelle écarte toute possibilité d’un incendie criminel.

Xavier Allain