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Vive la France! Une mairie met à disposition des vélos recyclés, utilisables sans carte, ni abonnement

A Saverdun, village de 5.000 âmes dans le département de l’Ariège, la mairie teste depuis quatre mois un dispositif de vélos en libre-service. C’est gratuit, pas besoin d’une carte ou d’un abonnement et les vélos ne sont pas attachés.

Des bicyclettes et VTT en livre service et sans abonnement, l’idée n’est pas commune. Récupérés dans des déchetteries et réparés dans des ateliers municipaux, ils sont mis à disposition par la mairie de ce village de l’Ariège. Un service qui ne peut fonctionner que si tous les usagers jouent le jeu.

Cette habitante du village ajuste la hauteur de la selle et enfourche une bicyclette. "Ce n’est pas mon vélo, c’est un vélo qui appartient à la ville, parmi tant d’autres, et je viens l’utiliser pour pouvoir aller boire le café chez une amie. Ils sont en libre-service donc je l’utilise je le pose et je fais mon train-train. De temps en temps plutôt que de prendre la voiture je préfère prendre le vélo. C’est plus écolo et puis c’est plus pratique pour se garer".

Les vélos en libre-service de la municipalité sont reconnaissables à l’association de jaune et de rouge, les couleurs du village, qui décorent le cadre. Des VTT et autres bicyclettes récupérés à la déchetterie la plus proche, et amenées dans les ateliers municipaux pour être réparés.

Les vélos sont démontés, décapés, peints et assemblés à nouveau. Pour certains, c’est l’ensemble des pièces qu’il faut changer. D’autres arrivent à l’atelier quasiment neufs. "Pour moi c’est du gaspillage. Après tant mieux pour nous, on récupère, on a juste à les remettre à nos couleurs et voilà ils repartent. C’est valorisant parce que il y a plein de gens qui les utilisent, ça participe aussi on va dire à la vie de la ville, donc quelque part je participe aussi à ça."

"Dès qu’on met en liberté, en accès libre, il y a des excès"

En moyenne, chaque remise à neuf coûte 12 euros à la municipalité. Jusqu’ici, une vingtaine de vélos ont été mis à la disposition des habitants. Mais dans le même temps, les trois-quarts ont disparu.

Des actes d’incivilité qui n’émoussent pas les convictions du maire, au contraire. Philippe Calleja, élu LR de Saverdun. "C’est encore plus motivant. On avait imaginé que des choses comme ça se produiraient. Dès qu’on met en liberté, en accès libre, il y a des excès. Donc il y en a, on les assume, et on compte bien ne pas arrêter. Ne pas se décourager parce que la force du bien collectif, la force de la vertu l’emportera sur la force de l’individualisme et de l’appropriation à tout prix. Tentons-le et je suis sûr que cela va marcher."

Philippe Calleja se donne un an pour faire changer les mentalités et pérenniser la circulation de 100 à 150 vélos en libre-service dans les rues de Saverdun.

Benoit Ballet (avec T.M.)